L'ESSENTIEL


Comment les agents économiques se financent‑ils ?





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Les dépenses publiques ont des effets contradictoires sur l’activité

  • Pour se financer, l’État a une possibilité que n’ont ni les ménages ni les entreprises : il peut prélever l’impôt. De plus, il a un horizon de long terme : la durée de vie des États est bien supérieure à celle des ménages et de beaucoup d’entreprises, et il peut donc emprunter sur du très long terme.
  • Par ailleurs, les recettes et dépenses de l’État sont très élevées et les actions de l’État ont donc un effet « macroéconomique » : en dépensant, l’État peut modifier la situation économique du pays.
  • La dépense budgétaire peut avoir un effet de relance sur l’économie et stimuler la croissance. En effet, lorsque l’État dépense, il peut stimuler la production privée en lui offrant des débouchés, ce qui permet une accélération de la croissance et la diminution du chômage. C’est l’effet recherché d’une politique budgétaire de relance.
  • Cet effet de relance peut être amoindri dans certaines circonstances par l’effet d’éviction. En effet, la demande de financement public peut accaparer l’offre de financement et ainsi faire augmenter les taux d’intérêt pour les autres emprunteurs qui ont alors plus de mal à financer leurs activités.
  • Enfin, pour s’intéresser au budget de l’État, il faut regarder au-delà de son équilibre. Ce budget doit être évalué en fonction de son utilisation ; par exemple, il peut servir à des dépenses d’investissement qui vont contribuer à la croissance des années à venir. (→ voir dossier 4)

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Les entreprises ont recours à plusieurs types de financement

  • La production des entreprises leur permet d’en tirer un revenu : l’excédent brut d’exploitation. Il correspond à la valeur ajoutée par l’entreprise à laquelle on retranche la rémunération des salariés et les impôts payés sur la production. On peut assimiler l’excédent brut d’exploitation au profit de l’entreprise.
  • Quand une entreprise a besoin de financer une dépense, elle peut puiser dans ce profit et elle a alors recours à l’autofinancement. C’est un financement intéressant, car son seul coût pour l’entreprise est un « coût d’opportunité » : en utilisant cet argent pour acheter une machine par exemple, l’entreprise renonce à toutes les autres utilisations possibles qui pourraient être plus rentables.
  • Quand une entreprise ne peut pas se financer elle-même, elle doit avoir recours à un financement externe. Pour les plus petites entreprises, la principale source de financement externe est le crédit. Le coût du crédit est, pour les entreprises comme pour les ménages, le taux d’intérêt, dont le montant dépend de la durée du crédit, du montant emprunté et du risque estimé de non remboursement. Ce taux d’intérêt correspond au prix de l’argent sur le marché des fonds prêtables : il est reçu par celui ou celle qui prête et est payé par l’emprunteur.
  • Pour les plus grandes entreprises, il est aussi possible de se financer sur les marchés financiers (par exemple la Bourse) en émettant des actions ou des obligations. L’avantage de ces modes de financement est que ceux‑ci sont souvent moins coûteux que le crédit bancaire. Cependant, ce type de financement n’est pas sans risque. Le montant obtenu dépend des évolutions des marchés financiers et l’émission d’actions conduit à une perte de contrôle de l’entreprise pour les dirigeants puisque l’actionnaire devient propriétaire de parts et a le plus souvent un droit de vote lors des décisions.

Attention aux notions


Ne pas
confondre

Déficit public et dette publique

  • Le déficit public désigne un budget déséquilibré pour une année pour les administrations publiques.
  • La dette publique représente la somme d’argent que les administrations publiques doivent rembourser. Elle peut provenir de l’accumulation de déficits. Elle s’explique par le fait que les administrations ne parviennent pas toujours à financer leurs dépenses sur leurs propres ressources.

Ne pas
confondre

EBE et valeur ajoutée

  • La valeur ajoutée représente la somme des richesses nouvelles créées sur un territoire ou au niveau d’une entreprise. La valeur ajoutée représente donc l’ensemble du « gâteau » que constituent les richesses nouvelles produites.
  • L’Excédent brut d’exploitation (EBE), lui, n’en représente que la part qui correspond au profit des entreprises, c’est‑à‑dire que, pour le mesurer, il faut enlever à la valeur ajoutée les salaires et les impôts sur la production.

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Comme les entreprises et les ménages, l’État doit financer des dépenses

  • Le budget de l’État recense l’ensemble des recettes et dépenses prévues par l’État pour une année. Le solde budgétaire correspond à la différence entre l’ensemble des recettes de l’État et l’ensemble de ses dépenses. La plupart des recettes de l’État proviennent des prélèvements obligatoires (impôts et taxes). Mais elles peuvent aussi provenir des dividendes tirés de la participation de l’État à certaines entreprises. Lorsque les dépenses sont supérieures aux recettes, on parle de déficit budgétaire.
  • L’État peut financer son déficit en émettant des obligations sur les marchés financiers. Une obligation est un titre de dette qui permet de s’endetter auprès des agents à capacité de financement sur les marchés. L’État contracte ainsi une dette et s’engage à la rembourser, augmentée d’un intérêt. La dette publique est la dette de l’ensemble des administrations publiques. (→ voir dossier 3)

1
Les ménages épargnent et financent certaines dépenses par le crédit

  • Pour consommer, les ménages utilisent leur revenu disponible. Ce revenu est utilisé pour l’achat de biens et services, c’est‑à‑dire pour la consommation. L’autre partie est placée ou mise de côté pour de futures dépenses : c’est l’épargne.
  • Quand le revenu disponible et l’argent épargné ne suffisent pas pour une dépense immédiate (par exemple, pour un achat immobilier), un ménage est en besoin de financement et il peut avoir recours au crédit.
  • Au niveau macroéconomique cependant, les ménages dégagent une capacité de financement. En effet, ils ont tendance à épargner, surtout en France où le taux d’épargne est élevé. Cette épargne est placée auprès des banques sur les marchés financiers. Elle vient donc financer les besoins de financement d’autres agents économiques. (→ voir dossier 1)

Supplément numérique

Les notions à connaître

Action

Part du capital d’une entreprise. Cette part donne à l’actionnaire un droit de vote et le droit de percevoir une part des bénéfices de l’entreprise, appelée dividende.

Autofinancement

Situation dans laquelle un agent se finance avec sa propre épargne.

Besoin de financement

Un agent a un besoin de financement lorsque son épargne est inférieure à ce dont il a besoin pour ses dépenses.

Capacité de financement

Un agent a une capacité de financement lorsque son épargne excède ce dont il a besoin pour ses dépenses.

Consommation

Utilisation de son revenu disponible par un ménage.

Dette publique

Somme de tous les emprunts contractés par les administrations publiques pour financer leurs déficits et qui ne sont pas encore remboursés.

Effet de relance (de la dépense publique)

Augmentation de la demande engendrée par une augmentation de la dépense publique. Cette augmentation conduit à une accélération de la croissance économique.

Effet d’éviction

Conséquence négative de l’augmentation de la dépense publique sur le financement des agents privés. Quand il se finance, l’État peut faire appel à une épargne, ce qui rend donc plus difficile le financement pour le secteur privé.

Épargne

Partie du revenu disponible qui n’est pas utilisée pour la consommation. Quand cette épargne est placée sur un livret, elle rapporte des intérêts.

Macroéconomique

Qui concerne l’économie dans sa globalité. Par exemple, l’épargne au niveau macroéconomique est le montant total de l’épargne d’un pays ou d’un type d’agent économique, alors qu’au niveau microéconomique elle est l’épargne d’un seul agent (l’épargne d’un ménage).

Obligation

Titre de dette qui donne droit à des remboursements. Une obligation peut être vendue ou achetée sur les marchés financiers.

Politique budgétaire

Utilisation de son budget par l’État dans le but de créer un effet de relance.

Revenu disponible

Revenu dont dispose un ménage pour consommer. Il se compose des revenus primaires et des revenus de transfert auxquels on enlève les prélèvements obligatoires.

Solde budgétaire

Différence entre les recettes et les dépenses de l’État. Un solde positif est un excédent. Un solde négatif, quand les dépenses sont supérieures aux recettes, est un déficit budgétaire. Le solde public est celui de l’ensemble des administrations publiques.

Taux d’intérêt

Prix payé par l’emprunteur pour rémunérer le prêteur. Il s’agit d’un pourcentage de la somme empruntée qui est payée au prêteur en plus du remboursement du crédit.
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