L'ESSENTIEL


Comment l’assurance et la protection sociale contribuent‑elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ?




Attention aux notions


Ne pas
confondre

Risque et incertitude

  • Un risque est un danger potentiel pour lequel il est possible de calculer la probabilité qu’il se produise.
  • L’incertitude correspond à une situation où les événements qui peuvent se produire sont impossibles à prévoir.

Ne pas
confondre

Cotisations sociales et prestations sociales

  • Les cotisations sociales sont la partie du salaire brut que payent l’employeur et le salarié afin de financer la sécurité sociale.
  • Les prestations sociales sont des revenus perçus par les ménages dans le cadre de la protection sociale, au titre de l’assurance ou de l’assistance.

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La prise en charge du risque repose sur des principes et des institutions

  • Face au risque, un premier outil peut être la prévention. L’objectif est alors d’expliquer aux individus les risques auxquels ils font face et les conséquences de ces risques, afin que les conduites à risque soient évitées. Cette prévention est à l’oeuvre dans l’éducation des enfants, mais elle peut aussi être menée par les pouvoirs publics. C’est ainsi que des campagnes d’information et de sensibilisation peuvent porter sur des risques spécifiques : alcoolisme, accidents de la route, tabagisme, etc.
  • Pour se protéger des risques, les individus peuvent aussi chercher une diversification du risque. Il s’agit ici de se prémunir en « ne mettant pas ses œufs dans le même panier ». C’est une technique souvent recommandée pour se couvrir du risque financier. Elle est aussi courante en agriculture traditionnelle où les producteurs diversifient les productions pour éviter les risques climatiques ou sanitaires qui exposeraient particulièrement un produit.
  • Enfin, la mutualisation des risques est un principe important en assurance : l’idée est de partager les risques pour que ceux qui les subissent bénéficient de l’aide des autres. Par exemple, les cotisations sociales des actifs permettent de financer le remboursement des soins des malades et le versement de prestations sociales. La solidarité se fait ainsi des bien portants vers les malades.
  • Plusieurs institutions jouent un rôle de protection. La famille assure entre ses membres une solidarité (échange de services, aides financières) précieuse en cas de précarité, de chômage, ou de divorce par exemple. Les sociétés privées (les sociétés d’assurance et les banques) et les mutuelles ont fait de l’assurance un métier à part entière. Enfin, les pouvoirs publics peuvent participer à cette protection que ce soit par la mise en place de lois ou par la Sécurité sociale. (→ voir dossier 2)

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Les conséquences de la prise en charge collective des risques

  • Paradoxalement, la couverture contre certains risques peut augmenter la prise de risque. C’est ce que les économistes appellent l’aléa moral. (→ voir dossier 3) L’individu protégé peut diminuer sa vigilance. C’est par exemple le cas d’un conducteur assuré tous risques qui va être moins prudent sur les routes.
  • Au-delà de cet effet pervers de l’assurance, les économistes mettent en avant le lien positif entre assurance et croissance, entre assurance et développement et donc entre assurance et bien-être de la population. Des individus protégés contre les risques sociaux sont en meilleure santé et donc plus productifs. Ils vivent aussi plus longtemps.
  • La protection permet également de maintenir un niveau de confiance favorable aux investissements et à l’innovation. Au final, la protection contre les risques est source d’externalités positives encourageant le développement.
  • L’assurance est aussi un élément important du lien social. (→ voir chapitre 7) En créant une solidarité entre les individus, elle peut renforcer la cohésion sociale. (→ voir dossier 4)

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La protection sociale contribue à une couverture des risques

  • Afin de garantir une solidarité nationale, l’État et les partenaires sociaux ont mis en place un certain nombre de mesures devant permettre d’assurer un minimum de moyens de subsistance pour tous. La prise en charge des personnes en difficulté s’est concrétisée par le développement de systèmes de protection sociale.
  • Ainsi, en Allemagne, le chancelier Bismarck (1815‑1898) met en œuvre une protection sociale reposant sur une logique d’assurance.
  • La France s’inspire de ce modèle pour construire son système de protection sociale. En 1945, la Sécurité sociale est fondée. Elle repose sur le développement de la société salariale. Celle‑ci se caractérise par la généralisation du statut de salarié qui associe emploi et protection sociale. La montée du chômage et de l’exclusion sociale, à partir des années quatre‑vingt, conduit l’État à étendre cette logique d’assistance. La création du RMI en 1988, devenu RSA en 2009, en est une illustration. (→ voir dossier 3)

Les notions à connaître

Aversion au risque

Comportement d’une personne qui craint le risque et limite donc ses prises de risque.

Diversification

Engagement dans plusieurs actions ou placements afin de limiter les pertes en cas de survenue d’un risque dans un domaine ou pour un placement.

Logique d’assistance

Versement de prestations sociales aux personnes les plus démunies. Souvent exclues de l’emploi, elles ne peuvent pas cotiser et l’assistance leur assure un minimum de ressources.

Logique d’assurance

Prise en charge des risques sociaux organisée sous le principe de l’assurance, c’est‑à‑dire que le versement d’une prestation sociale est soumis au paiement au préalable de cotisations sociales.

Mutualisation

Principe selon lequel tous les assurés participent au financement de la prise en charge des dommages subis par les victimes.

Perception du risque

Ensemble des éléments, sociaux, psychologiques, émotionnels et informationnels permettant à l’individu d’évaluer le niveau de risque.

Prestations sociales

Ensemble des revenus de remplacement ou des prestations en nature (remboursement des soins médicaux par exemple) versés par les organismes de protection sociale aux ménages.

Prévention

Ensemble de mesures et d’actions prises afin de limiter la survenue d’un risque.

Protection sociale

Ensemble des mécanismes mis en place par les pouvoirs publics ou par des mutuelles permettant la prise en charge collective des risques sociaux.

Risque

Réalisation possible d’un événement ou d’un concours de circonstances pouvant dégrader la situation, le bien‑être des individus. Le risque est généralement mesurable par la probabilité de réalisation de cet événement.

Risques économiques et sociaux

Événements pouvant provoquer une perte de revenu : le chômage, la vieillesse, l’accident, l’invalidité, la maladie, la maternité, etc.

Sécurité sociale

Organisme public organisant la prise en charge collective des risques sociaux.

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Les individus sont confrontés à une multitude de risques

  • Les sociétés ont toujours été marquées par des menaces et des dangers. Pour les expliquer et s’en protéger, les sociétés ont d’abord eu recours à des explications surnaturelles. La société moderne pense différemment le risque. La science permet en effet d’introduire le calcul de probabilité comme moyen de mesurer le risque et introduit l’idée d’une protection individuelle ou collective contre lui.
  • De très nombreux risques peuvent être identifiés : des risques écologiques et environnementaux, des risques liés à la sécurité des personnes, des risques sanitaires, etc. Les risques économiques et sociaux conduisent à une dégradation de la situation économique des individus et des ménages lorsqu’ils surviennent. La protection collective face à ces risques est liée au développement d’une société fondée en grande partie sur l’emploi salarié.
  • L’exposition au risque et la perception du risque diffèrent selon les individus. Les comportements à risques sont plus fréquents chez les adolescents et les individus se conformant aux stéréotypes masculins par exemple. Les individus les plus prudents ont une plus forte aversion au risque. (→ voir dossier 1)
  • De la même manière, l’exposition et l’attitude face au risque diffèrent selon les périodes et les sociétés. Par exemple, la protection face à la maladie ne prend pas la même forme en France et aux États‑Unis.
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