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L’art de rue, l’exemple des rues de Valparaíso
P.204-205

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L’art du détour


L’art de rue





La rue est un espace d’art vivant. Des formes multiples d’expression s’y croisent : peintures, tags, musiques, danses, etc. Peindre sur les murs, ce n’est pas peindre sur une toile mais choisir de rester dans le quotidien : la ville de Valparaíso en est une bonne illustration. Les collines de la ville dominent le Pacifique, mais la vue est d’abord saisie par l’explosion de couleurs des murales, peintures de rue, pochoirs et graffitis qui couvrent les maisons. Ces œuvres sont aussi des expressions fortes des « identités réfractaires » qu’aborde Genin. Pendant la dictature du général Augusto Pinochet, beaucoup de fresques ont été effacées par l’armée, puis repeintes à partir de 1990. La rue réagit avec l’histoire, et les murs collectent les traces des mémoires vivantes d’artistes chiliens comme d’artistes étrangers.

 Mon argument central sera de voir dans l’art urbain l’espace de jeu des identités réfractaires. J’appelle identités réfractaires ces processus de sauvegarde du quant‑à‑soi par micro-résistances aux contraintes ou micro‑déviations qui font émerger des marques et des marges d’altérité, lesquelles finissent par être reconnues et établies à leur tour à force d’opiniâtreté. Les œuvres d’art, comprises depuis Kant selon une fin de communicabilité (Mitteilbarkeit), n’ont pas pour seules finalités la contemplation ou la consommation, un ravissement pour esthète éthéré ou un divertissement pour foules aliénées, une libération de l’âme ou un agrément des sens. Elles sont également autant de moyens pour signifier une affirmation de soi par-delà toutes sortes de contraintes, pour construire des identités (personnelles, sociales, culturelles, religieuses et politiques). Ici l’art est un des processus culturels englobant des dimensions politiques, géopolitiques et éthiques.

Christophe Genin, Le street art au tournant. Reconnaissance d’un genre, Éditions Les impressions nouvelles, 2013.

L’exemple des murs de Valparaíso


Fresque illustrant les paroles de la chanson Tuyo mi corazón de Maria Elena : « La vie embellit un espoir bleu azur ».

Street art Vieille dame à Valparaiso

Des personnages vont peupler les murs. Cette vieille dame est l’un d’entre eux. Connue à Valparaíso, elle a été dessinée par deux artistes français, Ella et Pitr, qui peignent des gens ordinaires. Une autre dame âgée est venue habiller les toits du parc des Expositions à Paris, en 2019.

L’art incarne‑t‑il un imaginaire limité dans le temps et l’espace ?
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Street art We are not hippies we are happies

Les images portent parfois des sentences philosophiques ou des invitations à penser au‑delà des clivages.

L’art de rue nous invite‑t‑il à contempler ou à vivre ?
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Street art Imperialismo

Les règlements de compte politiques ne sont pas rares. Le slogan ci‑contre s’oppose à la politique impérialiste de l’oncle Sam représentant les États‑Unis.

L’art engagé prend‑il le risque de la propagande ?
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Street art L'écorché

La vie, la mort et l’amour sont omniprésents. Cette peinture, connue comme « l’écorché », questionne les passants. Que penser de cet homme sans peau ? Est‑ce une vanité ?

L’art interroge‑t‑il comme la philosophie ?
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Street art Hommage aux ainés

Les jeunes peintres chiliens rendent hommage à leurs grands aînés (ici Van Gogh) et les réinterprètent.

L’art populaire reste‑t‑il inscrit dans une histoire ?
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