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Résoudre une crise mondiale
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COURS 2

Résoudre une crise mondiale




❯ Quelles politiques les États mettent-ils en œuvre afin de sortir de la crise ?

A
L’État intervient directement dans l’économie


1
Un nouveau modèle politico‑économique

L’échec des politiques classiques. Certains pays, comme le Royaume-Uni ou la France, choisissent dans un premier temps de mener des politiques de déflation, mais celles-ci aggravent les effets de la crise en faisant baisser les revenus des travailleurs.

Un nouveau rôle pour l’État. La crise pousse de nombreux États à rompre avec les doctrines libérales et à intervenir directement dans l’économie, notamment en réglementant les prix et les salaires, en adoptant des plans de relance ou en subventionnant certaines entreprises en difficulté, en particulier des banques. On parle de politique interventionniste ou dirigiste.

Relancer l’économie par la dépense publique. Les États cherchent à relancer l’économie par l’investissement, selon les principes théorisés plus tard par l’économiste John Maynard Keynes. Aux États-Unis, la politique du New Deal, mise en place par Franklin D. Roosevelt à partir de 1933, passe notamment par la multiplication de grands travaux publics pour employer les chômeurs. On retrouve des politiques similaires en Italie, en Allemagne ou en France. Elles contribuent à augmenter les dépenses de lʼÉtat, ce qui est partiellement compensé par une augmentation de la fiscalité.

2
De nouvelles politiques publiques

La lutte contre le chômage devient une priorité absolue. En Allemagne, Hitler parvient à faire disparaître le chômage, mais cela passe par des mesures drastiques : interdiction du droit de grève et des syndicats, blocage des salaires, réduction des prestations sociales. Ailleurs, les politiques de relance portent plus ou moins leurs fruits, mais le chômage reste presque partout plus élevé en 1939 qu’en 1929.

Des mesures de protection sociale. Une politique de protection sociale embryonnaire voit le jour à la faveur de la crise. Alors qu’elle était inexistante aux États‑Unis en 1930, elle se développe considérablement avec le New Deal : les dépenses fédérales de protection sociale augmentent de 160 % entre 1932 et 1933. Dans les pays scandinaves, la crise de 1929 accélère la mise en place de la social-démocratie.

Biographie

John Maynard Keynes

John Maynard Keynes
(1883‑1946)

Économiste, il publie en 1936 sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie qui le rend très célèbre. Il y préconise une intervention de l’État dans lʼéconomie à travers des politiques publiques favorisant l’investissement et la consommation.

Vocabulaire


Déflation


New Deal


Social-démocratie


  • Déflation : baisse des prix et des salaires.

  • New Deal : politique interventionniste mise en œuvre par Roosevelt pour soutenir les plus pauvres, lutter contre le chômage et redynamiser l’économie américaine.

  • Social-démocratie : modèle politique qui implique une intervention forte de l’État dans l’éducation, l’économie et le social, tout en conservant une économie de marché.


B
Contrôler le marché


1
Le marché extérieur

Le protectionnisme. Plusieurs des États touchés par la crise adoptent des mesures protectionnistes, notamment en augmentant les droits de douane. C’est par exemple le cas du tarif douanier dit de Smoot-Hawley aux États-Unis. Dès 1931, les importations de céréales deviennent un monopole ou quasi-monopole d’État en Belgique, en Espagne, en France, en Suède, en Suisse et en Tchécoslovaquie. Ces mesures contribuent souvent à aggraver la crise, car elles nuisent au commerce international.

Limiter le protectionnisme. Afin de limiter les effets du protectionnisme, certains États mettent en place des zones régionales et des préférences tarifaires. C’est le cas dès 1930 avec la convention d’Oslo regroupant le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas et les pays scandinaves. De telles dispositions sont aussi prises dans les empires coloniaux, où les autorités cherchent à surtaxer les produits venant de l’extérieur et à instituer une préférence impériale. En 1932, les accords d’Ottawa instaurent ainsi le libre-échange dans le Commonwealth britannique.

2
Le marché intérieur

L’essor de la réglementation bancaire et boursière. L’insuffisante régulation du secteur bancaire étant dénoncée comme l’une des causes de la crise, des réformes sont entreprises. Aux États-Unis, le Glass‑Steagall Act de 1933 rétablit la séparation entre les banques de dépôt et les banques dʼaffaires et renforce le contrôle de l’État sur les banques. En 1934 est créée la Securities and Exchange Commission, un organisme fédéral chargé de contrôler les marchés financiers. En Europe, les banques sont de plus en plus surveillées par les États, notamment en Allemagne avec la loi bancaire de 1934, en Italie et en France.

Vocabulaire


Banques dʼaffaires


Banques de dépôt


Commonwealth


Monopole d’État


Protectionnisme


  • Banques dʼaffaires : banques dont la spécialité est la gestion des opérations financières auprès des grandes entreprises industrielles et commerciales.

  • Banques de dépôt : banques dont la mission consiste à recevoir les dépôts d’argent et à les gérer.

  • Commonwealth : organisation intergouvernementale constituée d’États faisant auparavant partie de l’Empire britannique.

  • Monopole d’État : secteur d’activité dans lequel seul l’État peut proposer un service, payant ou gratuit.

  • Protectionnisme : politique économique interventionniste visant à protéger l’économie nationale contre la concurrence étrangère, à travers la mise en place de mesures restrictives et de tarifs douaniers prohibitifs.


C
Les conséquences politiques


1
Des changements de régimes

Un virage autoritaire. Dans de nombreux pays, notamment en Amérique du Sud, la crise provoque une instabilité politique. Dans les années 1930, plusieurs coups d’État portent au pouvoir des dictateurs qui installent des régimes autoritaires.

De nouveaux régimes totalitaires. En Allemagne, la crise profite surtout au Parti communiste, mais elle engendre des déséquilibres qui contribuent à l’avènement du Parti nazi en 1933. Hitler obtient rapidement les pleins pouvoirs et transforme l’Allemagne en régime totalitaire. Au Japon, très touché par la crise, des militaires prennent le contrôle de l’État.

2
Des régimes déstabilisés

Dans les démocraties occidentales, la crise engendre une agitation sociale et politique. Des ligues d’extrême droite, souvent proches des idées fascistes, multiplient les manifestations (6 février 1934 en France). En réaction, les partis politiques de gauche et les citoyens rappellent leur attachement au régime républicain et à la paix (▶ doc. 1).

La guerre à l’horizon. Pour relancer l’économie allemande, Hitler réarme le pays. L’État passe directement commande aux industries pour faire fabriquer armes et munitions, ce qui a pour effet une forte progression de l’activité industrielle. La dette de l’État augmente dans le même temps, mais les nazis comptent sur de futures conquêtes territoriales pour compenser le déficit. Au Japon, les militaires utilisent les mêmes arguments et promettent des conquêtes territoriales en Asie pour régler la crise.

Vocabulaire


Ligue


  • Ligue : organisation politique. S’emploie en particulier pour des organisations d’extrême droite.



1
En France, de profondes divisions politiques
Une du Populaire au lendemain des manifestations ouvrières du 12 février 1934.

Histoire et fiction

Jonathan Case, The New Deal, 2016. Dans les années 1930 à New York, le Waldorf Astoria est lʼhôtel le plus prestigieux de tout Manhattan. Frank, un jeune groom, et Theresa, une femme de ménage afro-américaine, enquêtent sur des vols. Ce roman graphique interroge les tensions raciales et les inégalités sociales au temps de la Grande Dépression.
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