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Texte 5


Coups de théâtre





Pierre-Narcisse Guérin, Hermione rejetant Oreste, vers 1800, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Caen.
Pierre-Narcisse Guérin, Hermione rejetant Oreste, vers 1800, huile sur toile, 129 × 160 cm, musée des Beaux-Arts de Caen.

Éclairage

La mort physique n’appartient jamais à l’espace tragique : on dit que c’est par bienséance ; mais ce que la bienséance écarte dans la mort charnelle, c’est un élément étranger à la tragédie, une « impureté », l’épaisseur d’une réalité scandaleuse puisqu’elle ne relève plus de l’ordre du langage, qui est le seul ordre tragique : dans la tragédie, on ne meurt jamais, parce qu’on parle toujours. Et inversement, sortir de la scène, c’est pour le héros, d’une manière ou d’une autre, mourir […].


Roland Barthes, Sur Racine, 1963, Éditions du Seuil.
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L'image

1
Que symbolise le mannequin ?


2
Quelle règle du théâtre classique cette mise en scène transgresse-t-elle ? Justifiez par des éléments précis.

Coups de théâtre

Hermione a demandé à Oreste d’aller tuer Pyrrhus. Oreste revient.

ORESTE. – Madame, c’en est fait, et vous êtes servie :
Pyrrhus rend à l’autel son infidèle vie.

HERMIONE. – Il est mort ?

ORESTE. – Il expire ; et nos Grecs irrités
Ont lavé dans son sang ses infidélités.
Je vous l’avais promis ; et quoique mon courage
Se fît de ce complot une funeste image,
J’ai couru vers le temple, où nos Grecs dispersés
Se sont jusqu’à l’autel dans la foule glissés.
Pyrrhus m’a reconnu. Mais sans changer de face,
Il semblait que ma vue excitât son audace.
Que tous les Grecs, bravés1 en leur ambassadeur,
Dussent de son hymen relever la splendeur.
Enfin avec transport2 prenant son diadème,
Sur le front d’Andromaque il l’a posé lui-même.
« Je vous donne, a-t-il dit, ma couronne et ma foi :
Andromaque, régnez sur l’Épire et sur moi.
Je voue à votre fils une amitié de père ;
J’en atteste les Dieux, je le jure à sa mère :
Pour tous mes ennemis je déclare les siens,
Et je le reconnais pour le roi des Troyens. »
À ces mots, qui du peuple attiraient le suffrage3,
Nos Grecs n’ont répondu que par un cri de rage ;
L’infidèle s’est vu partout envelopper,
Et je n’ai pu trouver de place pour frapper.
Chacun se disputait la gloire de l’abattre.
Je l’ai vu dans leurs mains quelque temps se débattre,
Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober ;
Mais enfin à l’autel il est allé tomber.


Jean Racine, Andromaque, acte V, scène 3, 1667.


1. Outragés.
2. Émotion.
3. Soutien.

Photo utilisée pour l’affiche d’Andromaque, mise en scène d’Anthony Magnier, avec Pauline Bolcatto (Hermione), Compagnie Viva, Avignon Off, 2015.
Photo utilisée pour l’affiche d’Andromaque, mise en scène d’Anthony Magnier, avec Pauline Bolcatto (Hermione), Compagnie Viva, Avignon Off, 2015.

Texte écho
Jean Racine, Andromaque (1667)

À l’annonce de la mort de Pyrrhus, Hermione est entrée dans une rage folle et reproche à Oreste ce crime qu’elle a commandité. Elle quitte la scène et Pylade, accompagné de soldats, rejoint Oreste : les Grecs sont désormais menacés.

PYLADE. – Allons. N’attendons pas que l’on nous environne1 :
Nos Grecs nous rejoindront, et tandis qu’Hermione
Tient encore le peuple autour d’elle arrêté,
Voilà votre chemin, sortons en sûreté.

ORESTE. – Non, non, c’est Hermione, amis, que je veux suivre.
À son dernier arrêt2 je ne puis plus survivre.
Partez : j’ai fait le crime, et je vais l’expier.

PYLADE. – Hermione, Seigneur ? Il la faut oublier.
Quoi ? toujours l’instrument et l’objet de sa rage,
Cherchez-vous chez les morts quelque nouvel outrage ?
Et parce qu’elle meurt, faut-il que vous mouriez ?

ORESTE. – Elle meurt ? Dieux ! qu’entends-je ?

PYLADE. – Hé quoi ? vous l’ignoriez ?
En rentrant dans ces lieux, nous l’avons rencontrée
Qui courait vers le temple, inquiète, égarée.
Elle a trouvé Pyrrhus porté sur des soldats
Que son sang excitait à venger son trépas.
Sans doute à cet objet sa rage s’est émue.
Mais du haut de la porte enfin nous l’avons vue,
Un poignard à la main, sur Pyrrhus se courber,
Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber.

Jean Racine, Andromaque, acte V, scène 5, 1667.


1. Que l’on nous encercle.
2. Décision.
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Entrer dans les textes

1
Quel est le point commun entre ces deux extraits ?


Le récit d’Oreste

2
Comment le récit d’Oreste rend-il les événements spectaculaires ?


3

a. Comment Oreste présente-t-il son rôle dans l’assassinat de Pyrrhus ?


b. À quel reproche semble-t-il s’attendre ?


4
Texte écho La réaction d’Hermione est-elle celle qu’Oreste attendait ? Expliquez.


Une vision de la condition humaine

5
GRAMMAIRE

a. Quel est le temps dominant dans les vers 21 à 28 ?

b. Expliquez l'emploi de ce temps.


Pyrrhus sacrifié

6

a. D’un point de vue politique, pourquoi ce que dit et fait Pyrrhus est une provocation envers les Grecs ?

b. Selon vous, s’attendait-il à être assassiné ?


7
Selon Aristote, le personnage tragique doit susciter « terreur et pitié » (voir Andromaque et les règles de la tragédie classique ). Est-ce le cas avec les personnages de Pyrrhus et d’Hermione ?


Vers le commentaire

8
Cet extrait correspond-il au dénouement d’une tragédie classique ?


ORAL
D’après vous, à la fin de cette pièce, qui sort vainqueur ? Qui est perdant ?
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