Synthèse



Andromaque et Hermione, deux héroïnes tragiques en miroir





L'histoire d’Andromaque remonte à l’Antiquité, à ses épopées et à ses tragédies. En 1667, lorsque Jean Racine s’empare de son histoire, il fait de l’héroïne éponyme un symbole de mère vertueuse, opposée à Hermione.


Destins opposés

Victoire d’Andromaque

Racine modifie l’intrigue de l’Andromaque d’Euripide, pour présenter une héroïne fidèle à son époux : l’histoire antique est transformée dans un but moral (► Entrer dans l’œuvre). Pendant toute la pièce, elle fait figure de reine altière, d’épouse fidèle et de mater dolorosa grandiose ; pour le spectateur, elle est une héroïne admirable, une victime pathétique du conflit qui a déchiré deux peuples. Elle est sauvée par un dénouement protégeant son avenir et sa descendance.


Défaite d’Hermione

En revanche, Hermione finit par se suicider (► texte 5 et écho au texte 5). Dans sa chute, elle entraîne Oreste avec elle, qui sombre dans la folie. Hermione est tout entière victime de ses passions coupables et se laisse envahir par son furor. C’est avec ce dénouement terrible et spectaculaire que la pièce suscite terreur et pitié. Assister au ravage des passions permet au spectateur de se purifier de ces même passions : c’est la catharsis définie par Aristote ( Andromaque et les règles de la tragédie classique).

Situations tragiques : amour et devoir

La passion de l’amour impossible

Une formule célèbre résume la pièce : « Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort… ». L’amour impossible est l’un des noeuds du tragique de la pièce. Quoi que fassent les personnages, leur passion amoureuse est condamnée à ne pas être réciproque, d’où les chantages (► texte 1) et les agressions (► texte 5) des uns envers les autres.


Le conflit entre les peuples

Le tragique se joue aussi au sein d’une rivalité politique entre deux peuples, les Troyens et les Grecs. Si Andromaque a le devoir d’être fidèle à la mémoire d’Hector et des Troyens morts pendant la guerre (► textes 3 et 4), Pyrrhus et Oreste doivent protéger les Grecs de la menace que pourrait représenter Astyanax, dernier roi des Troyens (► textes 1 et 2). La jalousie d’Hermione envers Andromaque se nourrit aussi de sa haine envers les Troyens : la guerre perdure dans la pièce.

Réactions héroïques

De la parole…

Confrontées à des situations inextricables, Andromaque et Hermione sont placées face à des dilemmes : Andromaque doit-elle privilégier sa fidélité à Hector ou la survie de son fils ? Hermione doit-elle agir selon l'amour ou selon l'honneur ? Ces conflits intérieurs se déploient par l’expression d’un dolor, dans des tirades adressées à un confident (► texte 3) ou par des monologues (► écho au texte 3).


… à l’action

Mais aussi bien Andromaque qu’Hermione finissent par prendre une décision : en cela, ce sont deux héroïnes tragiques, car elles parviennent à trouver la force d’agir. La perspective de la mort de son fils Astyanax conduit Andromaque à envisager un suicide héroïque (► texte 4). Hermione, confrontée à un dépit cuisant, réagit par un furor, une colère qui l’entraîne dans la monstruosité : commanditer le meurtre de l’homme qu’elle aime (► écho au texte 4).
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