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Prolongement artistique et culturel


Andromaque et les règles de la tragédie classique





Comprendre les règles du théâtre classique, c’est comprendre aussi leur histoire : leur origine antique avec Aristote et la manière dont les dramaturges du XVIIe siècle se les sont réappropriées.

 Objectif 
Découvrir l’histoire des règles de la tragédie classique, comprendre leur fonctionnement dans Andromaque.
  • Parcours 1 : L’histoire de la règle des trois unités et son application dans Andromaque.
  • Parcours 2 : L’histoire des règles de bienséance et de vraisemblance et leur application dans Andromaque.
  • Parcours 3 : Les buts de la tragédie classique et leur fonctionnement dans Andromaque.

Parcours 1 : Les trois unités


Texte A
Aristote définit ainsi les règles de la tragédie.

  Chapitre 7 - De l’étendue de l’action
  C’est la nature elle‑même qui règle cette délimitation. [...] La tragédie s’applique, autant que possible, à rester dans une seule révolution solaire, ou à ne la dépasser que de peu de chose.

  Chapitre 8 - De l’unité de l’action
Il faut donc que [l’histoire] soit celle d’une action une et entière.


Aristote, La Poétique, 335 av. J.-C., trad. du grec ancien de Charles-Émile Ruelle, 1883.

1 Jean Racine, Andromaque, mise en scène de Muriel Mayette-Holtz, Comédie-Française, Paris, 2010.


Pour respecter l’unité de lieu, le décor est un lieu neutre, dans lequel les personnages peuvent vraisemblablement se croiser.
Doc. 1
Jean Racine, Andromaque, mise en scène de Muriel Mayette-Holtz, Comédie-Française, Paris, 2010.

Texte B
Nicolas Boileau énonce les règles qui définissent la tragédie classique.

Mais nous, que la raison à ses règles engage,
Nous voulons qu’avec art l’action se ménage ;
Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.


Nicolas Boileau, Art poétique, chant III, 1674.

Texte C
Aristote définit ainsi les règles de la tragédie.

  Ce qu’il fallait, c’est que les divers fils que pouvait comporter une intrigue fussent tissés de telle sorte que tout acte ou parole de l’un des personnages réagît sur le destin de tous les autres, et que chaque détail se subordonnât à l’action principale.


Jacques Truchet, La Tragédie classique en France, 1975, PUF.

Texte D
L’unité de lieu limite les déplacements au cadre d’une ville. Mais dans les années 1640, la règle du décor unique s’impose.

  Il ne s’agissait plus d’imiter ce que pouvait faire un personnage se déplaçant dans un temps limité mais ce que pouvait voir un spectateur qui ne se déplaçait pas.


Jacques Truchet, La Tragédie classique en France, PUF, 1975.


◈ Temps 1 : Comprendre la règle et son histoire

1
La règle des trois unités est-elle établie par Aristote dans La Poétique ?


2

a. Reformulez chaque unité avec vos propres mots.


b. Que signifient précisément « un lieu » et « une action » dans le théâtre classique ?


3

a. À votre avis, la règle des trois unités facilite-t-elle l’écriture d’une pièce ?


b. sa mise en scène ?


◈ Temps 2 : L’application de la règle

4
Répartissez-vous en trois groupes et vérifiez si les unités de lieu, de temps et d’action sont respectées dans Andromaque. Présentez vos conclusions aux autres groupes.

Parcours 2 : Vraisemblance et bienséance


Texte E
Jamais au spectateur n’offrez rien d’incroyable :
Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.
Une merveille absurde est pour moi sans appas1 :
L’esprit n’est point ému de ce qu’il ne croit pas.
Ce qu’on ne doit point voir, qu’un récit nous l’expose :
Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose ;
Mais il est des objets que l’art judicieux
Doit offrir à l’oreille et reculer des yeux.


Nicolas Boileau, Art poétique, chant III, 1674.


1. Sans attraits.

Texte F
La vraisemblance est une exigence intellectuelle ; elle demande une certaine cohérence entre les éléments de la pièce de théâtre, elle proscrit l’absurde et l’arbitraire, ou du moins ce que le public considère comme tel. La bienséance est une exigence morale ; elle demande que la pièce de théâtre ne choque pas les goûts, les idées morales, ou, si l’on veut, les préjugés du public.


Jacques Sherer, La dramaturgie classique en France, 1950, Nizet.

◈ Ressource complémentaire


Les mœurs du XVIIe siècle

Avec le XVIIe siècle commencent des mœurs sociales, sinon meilleures au fond, du moins plus sévères en apparence ; le mot de pudeur, inventé par Des Portes, représente désormais quelque chose, et le sentiment de la bienséance va naître et se développer. Il n'est plus permis de tout nommer avec une sorte d'effronterie naïve, et l'obscénité, qui a conscience d'elle‑même, devient clandestine en même temps que coupable.

Sainte‑Beuve, Poésies, 1829.

◈ Temps 1 : Comprendre les règles et leur histoire

1

a. Quelle est la différence entre le vrai et le vraisemblable ?


b. Que faut-il éviter pour que l’action soit vraisemblable ?


2

a. Selon vous, au XVIIe siècle, qu’est-ce que « ce qu’on ne doit point voir » ?


b. Quel artifice la tragédie classique utilise‑t‑elle ?


◈ Temps 2 : L’application de la règle

3
Andromaque vous semble‑t‑elle respecter la règle de la vraisemblance ? Justifiez.


4
Qu’est-ce qui pourrait choquer, dans la pièce ? Faites la liste des scènes qui utilisent la technique du récit théâtral et expliquez pourquoi l’action n’est pas représentée sur la scène.


5
Présentez vos conclusions à la classe.

Parcours 3 : Les buts de la tragédie


Texte G
  La tragédie est l’imitation d’une action grave et complète [...] et opérant par la pitié et la terreur la purgation1 des passions de la même nature.


Aristote, La Poétique, 335 av. J.-C., trad. du grec ancien de Charles-Émile Ruelle, 1883.


1. Traduction du mot grec catharsis, terme souvent employé dans l’analyse littéraire du théâtre. « Purger » signifie ici « débarrasser l’esprit d’éléments qui le gênent ».

Texte H
Que dans tous vos discours la passion émue
Aille chercher le cœur, l’échauffe et le remue.
Si d’un beau mouvement l’agréable fureur
Souvent ne nous remplit d’une douce terreur,
Ou n’excite en notre âme une pitié charmante,
En vain vous étalez une scène savante.


Nicolas Boileau, Art poétique, chant III, 1674.

Texte I
  La principale règle est de plaire et toucher.
Toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cette première.


Jean Racine, Bérénice, préface, 1671.

◈ Temps 1 : Comprendre la règle et son histoire

1
Quels sentiments doivent être provoqués par la tragédie, d’après Aristote et Boileau ?


2

a. Définissez la catharsis avec vos propres mots.


b. Pensez‑vous qu’un spectacle ou un film puisse avoir une fonction cathartique ?


3
Aristote, Boileau et Racine sont‑ils d’accord quant au but de la tragédie ? Justifiez.


◈ Temps 2 : L’application de la règle

4

a. Interviewez vos camarades et demandez‑leur ce qu’ils ont ressenti à la lecture d’Andromaque, quels sentiments leur ont inspiré les personnages.


b. Selon vous, l’objectif de Racine est‑il atteint ?


5
Quel personnage dans Andromaque pourrait le mieux provoquer la catharsis chez les spectateurs ?


6
Présentez vos conclusions à la classe.
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