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COURS 2


2
Des métropoles inégalement connectées aux réseaux de la mondialisation





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Le front de mer à Sydney (Australie)


Le front de mer à Sydney (Australie)


A
Une logique de réseau physique et immatériel

Vers une « mégalopolisation » du monde ? Les métropoles s’organisent en réseaux, fortement connectées entre elles par les moyens de transport et de communication. Si les mégalopoles américaine, européenne et japonaise sont des exemples connus, d’autres espaces mondiaux participent à cette dynamique mégalopolitaine, au Nord comme au Sud : Shanghai, principale métropole chinoise, est désormais à la tête d’un réseau de villes de près de 80 millions d’habitants le long du delta du Yangzi. Des régions mégalopolitaines émergent aussi en Amérique latine (autour de Buenos Aires, Rio de Janeiro et São Paulo), en Afrique du Sud (axe Johannesbourg/Pretoria) ou encore autour des Grands Lacs américains.


Un réseau qui polarise le monde ? Les grandes métropoles revendiquent une place centrale dans la gouvernance mondiale. Elles s’organisent en réseau, à l’image des réseaux Cities 40. L’archipel mégalopolitain mondial, identifié par le géographe O. Dollfus dès le milieu des années 1990, tend ainsi à se renforcer.

Comment expliquer la hiérarchisation des métropoles ?

Géo‑histoire

Quelques métropoles du passé

Uruk (Irak) : fondée au Ve  millénaire avant notre ère, elle a joué un rôle majeur dans la civilisation sumérienne de l’ancienne Mésopotamie, en particulier dans les domaines politique et religieux. C’est là qu’ont été découvertes les premières traces d’écriture.

Alexandrie (Égypte) : surnommée la « Perle de la Méditerranée », fondée par Alexandre le Grand en 331 avant J.‑C., elle s’est rapidement imposée comme la plus grande ville d’Égypte. Elle comptait un million d’habitants vers l’an 100. Capitale politique et premier port du pays, son rayonnement culturel est à l’époque sans égal.

Constantinople (Turquie) : capitale de l’Empire romain à partir de l’an 330 puis de l’Empire byzantin, elle est conquise par les Turcs ottomans en 1452, rebaptisée Istanbul et devient leur capitale politique. Lieu de rencontre entre l’Occident et l’Orient, la ville fut pendant des siècles un grand centre commercial, culturel, politique et administratif mais aussi religieux.

Kaifeng (Chine) : capitale impériale sous la dynastie Song du Nord, elle serait le berceau de la calligraphie chinoise et fut la ville la plus grande et la plus prospère du monde aux XIe et XIIe siècles.

Vocabulaire

  • Central business district (CBD) : quartier d’affaires de l’hypercentre d’une ville.
  • Mégapole : vaste aire urbanisée qui rassemble sur plusieurs centaines de kilomètres de nombreuses villes de taille et de poids divers autour d’une ou plusieurs métropoles.
  • Produit urbain brut (PUB) : valeur ajoutée produite par une ville (équivalent pour une ville du PIB).

Chiffres-clés

Les 600 villes les plus peuplées produisent

60%

des richesses mondiales


B
Une attractivité inégale

Une puissance économique chiffrable. Les métropoles sont au cœur de l’économie mondiale. Tokyo et New York, avec leur PUB respectif de plus de 1 000 milliards de dollars, se placent au même niveau que des pays tels que le Canada ou l’Espagne. Séoul représente à elle seule 47,4 % du PIB de la Corée du Sud. On estime que les 600 villes les plus peuplées produisent près de 60 % de la richesse mondiale en concentrant ⅕ de la population.


Classer les métropoles. On peut classer les villes en fonction de leur puissance économique, par le PUB, mais aussi en comptant les sièges sociaux des FTN. Les métropoles disposent aussi de fonctions de commandement dans les domaines économique, politique et culturel. Leur influence peut donc aussi être mesurée en s’intéressant au nombre de grandes universités et des événements accueillis, ainsi qu’aux sièges des grandes institutions internationales (ONU à Genève, FAO à Rome).


Des métropoles parfois incomplètes. Certaines métropoles ne disposent pas d’une gamme de fonctions de commandement complète. C’est le cas souvent dans les États fédéraux qui répartissent les fonctions entre les métropoles (Berlin capitale politique et Francfort capitale économique en Allemagne) (Doc. 2). Les pays centralisés disposent souvent d’un nombre plus réduit de métropoles mais celles-ci sont plus puissantes (Londres au Royaume-Uni, Mexico au Mexique, Tokyo au Japon).


Les quartiers d’affaires (CBD), coeurs métropolitains au centre du marketing territorial. Les central business district (CBD) constituent, plus que jamais, le symbole et la vitrine du pouvoir accru des métropoles parce qu’ils concentrent d’importantes fonctions de commandement (Doc. 1). Leur skyline se veut toujours plus impressionnante : la Défense à Paris, Manhattan à New York, Business Bay à Dubaï, Lujianzui à Shanghai, etc. (voir dossier). se ressemblent par leur architecture verticale souvent avant-gardiste et hors norme. La verticalité est un symbole de visibilité et de puissance, dans un contexte de forte concurrence entre les métropoles.


2
La concurrence entre les métropoles : le cas de l’Italie

 Les fonctions régaliennes et les principales fonctions directionnelles se partagent entre Rome et Milan, qui seules peuvent revendiquer, à des titres différents, le statut de « ville mondiale ». Désormais reliées en moins de quatre heures par une ligne ferroviaire à grande vitesse, les deux capitales italiennes sont néanmoins autant rivales que complémentaires, ce qui participe des difficultés actuelles du pays.

 Par sa structure industrielle diversifiée, son tissu bancaire, ses secteurs de pointe, ses foires commerciales, son rôle international, Milan reste le centre d’impulsion et de décision du système économique italien. Principale place financière, siège de l’unique Bourse des valeurs, la métropole lombarde regroupe la moitié des sociétés par actions du pays (Alfa Romeo, Campari, Pirelli, Telecom Italia) […]. Première gare et principal noeud routier du pays, à la tête d’une vaste région industrielle, Milan exerce également un incomparable rayonnement culturel : les principales maisons d’édition sont milanaises, tout comme les grandes chaînes privées de télévision, les marques de mode (Prada, Armani, Versace) et de design. La ville compte aussi beaucoup pour les équipements universitaires et artistiques (la Scala) de prestige. […] Elle demeure la ville la plus riche et la plus puissante du pays […].

 Rome occupe, pour sa part, une place singulière dans la mondialisation. D’un côté, elle jouit d’une influence et d’une aura exceptionnelles à l’échelle internationale en tant que métropole religieuse et culturelle, pôle touristique majeur […], capitale de l’État italien et siège du Vatican. De l’autre, ses bases économiques limitées […] ont longtemps contribué à la marginaliser dans le système métropolitain mondial.

Aurélien Delpirou, Dominique Rivière, « Réseau urbain et métropolisation en Italie : héritages et dynamiques », Géoconfluences, 2013

Ce n’est plus l’État qui donne le la, ce sont les métropoles qui composent leur mélodie.
Julien Damon, sociologue, professeur associé à Sciences Po
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