COURS 4


La Révolution américaine





Comment et pourquoi les colons britanniques rompent‑ils avec leur mère‑patrie ?


Philip Dawe, Les gens de Boston couvrent le percepteur de plumes et de goudron, 1774, mezzotinto, 35 x 24 cm, John Carter Brown Library, Providence

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Les Bostoniens paient les taxes

Les Américains luttant contre la tyrannie britannique n’hésitent pas à attaquer les agents du pouvoir royal.
Philip Dawe, Les gens de Boston couvrent le percepteur de plumes et de goudron, 1774, mezzotinto, 35 x 24 cm, John Carter Brown Library, Providence.


La guerre d’Indépendance voit la victoire des insurgés nord‑américains. Ceux‑ci s’emploient alors à créer un nouveau régime politique.

Voir le cours 5

Vocabulaire

Congrès : rassemblement des représentants des États américains, composé du Sénat et de la Chambre des représentants après 1788.

Capituler : fait pour une puissance militaire de reconnaître sa défaite.

Déficit : situation dans laquelle les recettes sont inférieures aux dépenses.

Minutemen : miliciens américains, engagés dans la guerre volontairement. Ils tirent leur nom de la rapidité à laquelle ils se mobilisent (et se démobilisent).

Repères

Thomas Jefferson (1743‑1826)

Thomas Jefferson
(1743‑1826)

Représentant de la Virginie au Congrès, principal auteur de la Déclaration d’indépendance à l’âge de 33 ans, il est le premier secrétaire d’État (1790‑1793), le deuxième vice‑président (1797‑1801) et le troisième président des États‑Unis (1801‑1809). Raciste et propriétaire d’esclaves, il tente pourtant d’interdire l’esclavage dans la Déclaration d’indépendance et fait adopter une loi abolitionniste en Virginie (1782). On lui doit aussi une loi sur la liberté religieuse (1786) et la fondation de l’université de Virginie (1817).

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Causes et formes de la révolte

La pression anglaise. Pour financer les armées anglaises, le roi George III taxe le commerce du sucre, les timbres et le thé, ce que les colons américains vivent comme une injustice (doc. 1). Face aux premiers troubles, le roi réagit par la force, faisant juger les coupables en Angleterre : attachés aux libertés et aux droits individuels, les colons américains s’éloignent peu à peu de leur loyauté initiale envers la royauté anglaise.

Critiques et résistances. Entre 1750 et 1776, plus de 4 000 pamphlets sont écrits, des textes profondément influencés par la philosophie politique anglaise. Les actes de résistance se multiplient (doc. 1), mais le point de non‑retour est atteint avec la Boston Tea Party (16 décembre 1773), au cours de laquelle 342 caisses de thé appartenant à la Compagnie anglaise des Indes sont jetées à la mer.

La Déclaration d’indépendance. Après plusieurs tentatives de conciliation repoussées par George III, le Congrès américain charge un comité de rédiger une déclaration d’indépendance. Élaborée principalement par Thomas Jefferson, la Déclaration fait l’objet d’un vote unanime du Congrès le 4 juillet 1776.

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Beaumarchais et le trafic d’armes

Beaumarchais, avant d’être dramaturge, participe au trafic d’armes pour le compte du roi de France, en utilisant une société‑écran basée à Paris.

Messieurs, je crois devoir vous annoncer que le vaisseau l’Amphitrite partira au premier bon vent pour le premier port des États‑Unis qu’il pourra atteindre. La cargaison de ce vaisseau qui vous est destinée consiste en 4 000 fusils, 80 barils de poudre, 8 000 paires de souliers, 3 000 couvertures de laine ; plus quelques officiers de génie et d’artillerie dont un baron allemand, je crois que vous pourrez en faire un général.

Lettre de Beaumarchais rapportée par le Comte de Pontgibaud, Mémoires du comte de Moré, 1898.



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La victoire des insurgés

Les phases de la guerre. En 1775‑1777, les Américains perdent plusieurs batailles majeures. L’entrée en guerre des Français permet de chasser les Anglais de Nouvelle‑Angleterre. Malgré d’importantes victoires, les Anglais sont forcés de capituler en septembre 1781.

Le temps des négociations. Le 3 septembre 1783, les belligérants signent les traités de Paris et Versailles (doc. 3). L’indépendance des Américains est reconnue et les terres britanniques situées entre les Appalaches et le Mississippi leur reviennent.

Le bilan de la guerre. La guerre a été meurtrière (25 000 morts américains, soit 1 % de la population). Les finances des belligérants sont affectées par la guerre : la dette britannique explose, comme l’inflation aux États‑Unis et le déficit en France.

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La guerre d’Indépendance

Les forces en présence. L’armée britannique compte 30 000 à 75 000 soldats professionnels et est renforcée par de nombreux mercenaires allemands et des Américains loyalistes. L’armée américaine, trois à cinq fois moins nombreuse, mal équipée, indisciplinée, compte peu de soldats de métier et beaucoup de minutemen. La détermination des soldats, leur connaissance du terrain et le charisme de George Washington sont décisifs.

L’aide française. Les Français apportent un soutien discret aux insurgés, en leur envoyant secrètement des armes (doc. 2). Certains Français, touchés par le bien‑fondé des revendications américaines et nourris de philosophie des Lumières, s’engagent volontairement, comme La Fayette. La victoire de Saratoga (octobre 1777) rassure le roi de France, qui accepte un traité d’alliance militaire officiel le 6 février 1778. Le soutien militaire et financier de la France est déterminant dans le cours de la guerre.

Benjamin West, La signature du traité de Paris, 1783, huile sur toile, 72 x 92 cm, Winterthur Museum, Winterthur

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La signature du traité de Paris (3 septembre 1783)

Les diplomates anglais ayant refusé de poser, le tableau reste à l’état d’ébauche.
Benjamin West, La signature du traité de Paris, 1783, huile sur toile, 72 x 92 cm, Winterthur Museum, Winterthur.

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« Paroles d’histoire », podcast lancé en avril 2018, André Loez

Dans « Paroles d’histoire », un podcast lancé en avril 2018, André Loez, historien spécialiste de la Première Guerre mondiale, donne la parole à la fois à des historiens et à des historiennes et à des artistes qui se servent de l’histoire dans leurs œuvres. Dans cet épisode, il analyse la comédie musicale Hamilton, portrait de l’un des personnages clés de la guerre d’Indépendance américaine. La comédie musicale, créée en 2015, a eu un énorme succès à Broadway, ce qui s’explique notamment par son réalisme. Le compositeur, Lin‑Manuel Miranda, s’est en effet appuyé sur de nombreux ouvrages historiques. Ce podcast revient sur les raisons du succès de cette comédie musicale et sur les façons dont elle a été reçue par les historiens et historiennes spécialistes de la période.
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