DOSSIER 4



Comment expliquer les trajectoires « improbables » ?




Je fais le point

La socialisation peut participer à la reproduction des rôles et des places d’une génération à une autre. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Les individus intériorisent des dispositions toujours particulières, qui peuvent les conduire à des parcours et à des rôles inattendus. Par ailleurs, ces individus sont acteurs de leur processus de socialisation et anticipent leur appartenance à des groupes sociaux.


Doc. 2

Des échecs scolaires paradoxaux ?


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Questions

1. Pourquoi les difficultés scolaires des enfants dont les parents sont très diplômés peuvent-elles être vues comme « paradoxales » ?


2. Que veut dire l’auteure quand elle indique que « la transmission intergénérationnelle n’a rien d’automatique » ?

  Dans la recherche qui fait l’objet de cet article c’est l’héritage culturel familial et les rapports entre socialisations familiales et scolaires qui sont analysés en portant plus particulièrement le regard sur des situations spécifiques : celles de collégiens en difficultés scolaires issus de parents fortement diplômés. Confronter à l’investigation sociologique de telles situations atypiques, c’est déjà reconnaître que la transmission intergénérationnelle n’a rien d’automatique et que ses modalités concrètes méritent d’être analysées en finesse. À l’image (inversée) de travaux existant sur des élèves d’origines populaires en réussite scolaire […], l’analyse de difficultés scolaires paradoxales permet aussi de ne pas considérer que tous les parents scolairement dotés ont les mêmes pratiques, ni que tous les enfants issus de ces milieux connaissent la même socialisation.

Gaële Henri-Panabière, « Élèves en difficultés de parents fortement diplômés », Sociologie, 2010.

Doc. 4

La reproduction sociale a-t-elle disparu ?



  Entre la fin des années 1980 et aujourd’hui, les classes préparatoires se sont multipliées, et le nombre d’étudiants inscrits en classes préparatoires ou dans les grandes écoles a quasiment doublé. Cependant, la part occupée par les étudiants de classes préparatoires par rapport aux premiers cycles universitaires est restée la même (autour de 7 %). Surtout, ces 7 % continuent à provenir des mêmes lieux de l’espace social : près de 60 % des étudiants de classes préparatoires (57 % des garçons, 59 % des filles) sont issus de milieux sociaux supérieurs ou de familles d’enseignants, lesquels ne représentent pourtant que 18 % de la population active. […]

  De plus, ces inégalités se creusent encore si l’on regarde, dans les filières scientifiques, les classes étoilées (qui préparent les élèves aux concours les plus prestigieux) ou si l’on se concentre non plus sur les classes préparatoires, mais sur les grandes écoles elles-mêmes dont le recrutement, loin de s’être démocratisé depuis la seconde guerre mondiale, révèle au contraire une accentuation des inégalités d’accès.

Muriel Darmon, Classes préparatoires. La fabrique d’une jeunesse dominante, La Découverte, 2015.
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Questions

1. Quel constat l’auteure de ce texte tire-t-elle sur les inégalités de recrutement en classes préparatoires ?

2. Selon vous, comment la socialisation peut-elle expliquer ces inégalités ?

3. Quelles peuvent en être les conséquences ?

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Doc. 1

Changer de classe sociale et s’y préparer ?


Supplément numérique

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Point notion

Socialisation anticipatrice

Processus par lequel un individu adopte les règles de conduite du groupe qu’il souhaite intégrer. Ce groupe social auquel il se conforme est un groupe de référence.

Groupe de référence

Groupe social dont les valeurs, les normes et les comportements sont adoptés comme modèle par un individu.

  Je suis née en France en 1989 de parents tamouls. […] Nous vivions dans une cité HLM de Bondy (Seine-Saint-Denis). […] J’ai longtemps voulu me détacher de ma classe sociale d’origine. J’avais peur d’y être réduite, que ce soit un handicap. […] Mon itinéraire de « transclasse » est beaucoup passé par la langue. Mon père était féru de littérature, et mes deux parents étaient amoureux de leur langue. Ils m’ont sans doute transmis cela. […]

  C’est à la fac, lorsque j’ai préparé l’agrégation, que la différence sociale a été la plus violente : beaucoup d’étudiants avaient une grande culture générale, leurs parents exerçaient des professions libérales. J’avais l’impression qu’ils savaient déjà tout, que je n’avais qu’un savoir scolaire face à eux.

Témoignage de Soubattra Danasségarane, professeure de philosophie, citée par Sonya Faure, « La lutte des “transclasses” », Libération, 5 septembre 2018.
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Questions

1. Pourquoi la personne qui témoigne peut-elle être qualifiée de « transclasse » ?

2. Quels éléments de sa socialisation primaire peuvent expliquer son ascension sociale ?

3. Pourquoi peut-on dire qu’elle a vécu une socialisation anticipatrice ?

Je m'auto-évalue

Complétez le texte avec les termes suivants :
  • complexe
  • comportements
  • diplômés
  • femmes
  • normes
  • paradoxaux
  • parcours


La socialisation détermine en partie les
des individus et leurs
. Cependant, elle est un phénomène
et chaque individu intériorise des
et des valeurs particulières. Cela crée des parcours parfois
et inattendus. Ainsi, des enfants de parents
peuvent ne pas réussir à l’école ou encore des
peuvent faire des sports considérés comme masculins.

Doc. 3

Des femmes dans des « sports d’hommes » ?



  « J’ai toujours eu envie de faire de la boxe, de donner des coups avec mes poings. J’ai commencé par le judo, j’aimais bien, mais ce n’était pas vraiment ça quand même. Le karaté, il fallait s’arrêter, je ne pouvais pas frapper, donc ce n’était pas ça non plus. La boxe, on peut cogner, moi j’avais besoin de frapper ». […] La découverte de la boxe à l’adolescence permet l’expression de dispositions sexuées « masculines » constituées très tôt. « Garçons manqués » participant au groupe des garçons, appréciant leurs jeux et montrant en particulier un goût certain pour la bagarre, les boxeuses «  hard »1 ont grandi pour la plupart dans des quartiers populaires d’agglomérations importantes. […] La participation au groupe des pairs joue en ce sens un rôle central dans la construction des rapports au corps et au sport.

Christine Mennesson et Jean-Paul Clément « Boxer comme un homme. Être une femme », Actes de la recherche en sciences sociales, avril 2009.


1. Dans ce texte, les auteurs distinguent la boxe « hard » de la boxe « soft » : la boxe « hard » est celle qui correspond à une pratique de compétition, plus violente, où l’objectif est de mettre l’adversaire « KO ».
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Questions

1. Pourquoi la boxe est-elle une pratique plutôt associée à la virilité en général ?

2. Comment les auteurs expliquent-ils la pratique de ce sport par des femmes ?

Combat de kick-boxing entre Adva Ohayon et Jeronime Moser.
Combat de kick-boxing entre Adva Ohayon et Jeromine Moser.
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