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Les espaces ruraux : multifonctionnalité ou fragmentation ?




À retenir

  • Les espaces ruraux connaissent des dynamiques et des recompositions différenciées, notamment sous l’effet d’une pression urbaine accrue.

  • Si certains espaces ruraux s’affirment avant tout comme des espaces productifs où l’agriculture garde une place importante, d’autres sont marqués par une multifonctionnalité croissante. Les espaces ruraux se fragmentent.

  • Cette multifonctionnalité peut être source de dynamisation pour les espaces ruraux et leurs habitants, mais aussi de conflits dus à des usages concurrents de l’espace.


► Les notions de l'année

 recomposition 

► Les notions du thème

 espace rural   ruralité 
 multifonctionnalité 
 fragmentation 
 périurbanisation 

1
La vallée du Rhône à Montélimar (Drôme, France)

La vallée du Rhône à Montélimar (Drôme, France)

► Les notions de seconde

 changement climatique 
 mondialisation   acteurs   territoires   transition   environnement   milieu   ressources   risques   croissance   émergence   développement durable   inégalités   population   peuplement   migrations   mobilités 
 tourisme 

Exercice 2

Réalisez un schéma de révision du thème avec les notions suivantes : espace rural, ruralité, multifonctionnalité, fragmentation, périurbanisation.

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Exercice 1

À l’aide des documents, expliquez en quoi ce paysage est représentatif des multiples dynamiques que connaissent les espaces ruraux périurbains.


2
La recomposition des espaces ruraux

  Où s’arrête la ville ? Où commence la campagne ? Difficile à dire hier, encore plus compliqué à trancher aujourd’hui. Les frontières entre ces deux ensembles s’estompent, laissant entrevoir, entre le rural profond et l’urbain aggloméré, ce que le géographe Martin Vanier nomme un « tiers espace ». « Ni rural ni urbain, le périurbain est traditionnellement défini en creux comme un débordement incontrôlé de la ville, davantage que par ses caractéristiques propres », explique Lucile Mettetal, géographe et urbaniste. Pire, ces espaces sont souvent méprisés par les urbains au motif qu’ils grignoteraient la nature et la défigureraient. « Halte à la France moche ! » titrait en 2010 le magazine Télérama dans un numéro qui avait alors fait polémique. Il n’est donc pas surprenant que le périurbain soit resté une catégorie analytique et institutionnelle très peu adoptée par ses habitants, qui représentent pourtant près d’un tiers de la population hexagonale.
  [...] La périurbanisation a débuté dans les années 1970 sous l’effet de deux tendances qui ont joué en sens contraire : d’une part, la concentration des emplois qualifiés (majoritairement tertiaires) dans les centres urbains, d’autre part, la volonté de nombreux ménages de s’éloigner des centres pour gagner en surface habitable et en qualité de vie. De 1999 à 2013, la part des navetteurs dans l’ensemble des personnes occupant un emploi est passée de 58 % à 64 %, et la proportion des trajets de moins de 10 km a diminué au profit de ceux compris entre 20 km et 50 km, indique l’Insee. Ces tendances, rendues possibles par la démocratisation de l’accès à la voiture individuelle, pèsent effectivement sur l’utilisation des terres : 73 % des espaces artificialisés entre 2006 et 2016 se situent dans des communes en zones non tendues. [...]
  Le monde périurbain constitue une véritable mosaïque.[...] « Afin de recréer une identité périurbaine plus valorisante, il semble plus judicieux de parler de "campagnes urbaines" », souligne Lucile Mettetal. Cet oxymore, utilisé pour la première fois en 1998 par le paysagiste Pierre Donadieu, et repris en 2016 dans un rapport de l’urbaniste Frédéric Bonnet sur l’aménagement des territoires ruraux et périurbains, permet en effet de briser l’opposition traditionnelle entre le rural et l’urbain, pour mettre en valeur leur complémentarité et penser des systèmes plus intégrés autour des métropoles. « Le périurbain n’est plus une simple zone d’accueil transitoire en attente d’un inévitable rattrapage urbain. C’est une véritable terre d’ancrage », conclut Lucile Mettetal.


Aude Martin, « Des frontières qui s’estompent », Alternatives économiques, 1er décembre 2018
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