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Au cœur de la Guerre froide
P.140-141

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COURS 1


Au cœur de la Guerre froide





❯ Comment le monde se divise-t-il en deux blocs au début de la guerre froide ?

A
Un monde bipolaire


1
Deux superpuissances

Les deux Grands. À partir de 1945, Les États-Unis et l’URSS sont deux superpuissances rivales qui exercent une influence à l’échelle mondiale. Cette situation pousse les autres États à prendre parti pour l’un ou l’autre, jusqu’à former deux blocs opposés. On parle donc de bipolarisationdu monde.

Deux modèles idéologiques opposés. Les deux Grands exportent leurs principes politico‑économiques dans les pays alliés. Les pays du bloc de l’Ouest sont des démocraties libérales, tandis que le modèle communiste sʼimpose dans le bloc de l’Est. Dans les deux camps, on dénigre et on diabolise l’adversaire.

Des liens divers. En échange de leur soutien, les deux Grands apportent à leurs alliés un soutien diplomatique (par exemple au Conseil de sécurité de lʼONU), une assistance militaire et une aide économique.

2
Le bloc de l’Ouest

L’Europe de l’Ouest. La majorité des pays européens situés à l’ouest du « rideau de fer » entrent dans l’alliance américaine. Ils sont liés aux États‑Unis par le plan Marshall et l’OTAN. Ils forment le cœur du bloc de l’Ouest.

La question allemande. L’Allemagne constitue un cas particulièrement complexe. En 1949, les zones d’occupation alliées sont remplacées par deux États indépendants : à l’ouest, la République fédérale d’Allemagne (RFA, dont la capitale est Bonn), et à l’est la République démocratique allemande (RDA, dont la capitale est Berlin‑Est). La ville de Berlin, coupée en deux car sa partie ouest appartient à la RFA, devient lʼun des symboles de la guerre froide.

Un réseau d’alliances élargi. Les États-Unis concluent une série d’alliances qui leur permet de bénéficier de soutiens dans le monde entier : en Asie (Japon, Philippines, Taïwan), en Amérique, au Moyen‑Orient (Turquie, Iran), en Océanie (Australie et Nouvelle‑Zélande) et en Afrique (Afrique du Sud, République démocratique du Congo).

3
Le bloc de l’Est

Des États satellites. Les plus proches alliés de l’URSS en Asie et en Europe centrale sont appelés États satellites. Ils entretiennent des relations très étroites avec l’URSS, qui exerce sur eux un contrôle économique, politique et militaire, notamment à travers une alliance militaire mise en place par Khrouchtchev : le pacte de Varsovie (1955).

Des alliés. Certains États adoptent un modèle communiste à l’issue de révolutions. C’est le cas de l’île de Cuba, dirigée par Fidel Castro à partir de 1959. En Asie et en Afrique, l’URSS compte pour alliés de jeunes États comme la Corée du Nord, le Nord-Vietnam ou la Libye.

Des modèles communistes alternatifs. Certains régimes communistes refusent de s’aligner sur l’URSS et revendiquent leur autonomie. En 1948, la Yougoslavie de Tito rompt avec l’URSS. De même, la Chine maoïste s’éloigne progressivement du modèle soviétique dans les années 1960.

Biographie

Nikita Khrouchtchev

Nikita Khrouchtchev (1894‑1971)

Fils de paysans russes, Nikita Khrouchtchev intègre le Parti communiste après la révolution de 1917 et en gravit les échelons jusqu’à succéder à Staline en 1953. Il dirige l’URSS jusqu’en 1964. Sur le plan intérieur, il mène une politique de libéralisation relative (la déstalinisation).

Vocabulaire


Bipolarisation


État satellite


Maoïsme


Superpuissance


  • Bipolarisation : organisation géopolitique du monde autour de deux blocs opposés.

  • État satellite : pays placé sous le contrôle indirect d’une grande puissance. Pendant la Guerre froide, ce terme désigne les républiques socialistes dominées par l’URSS, appelées aussi « démocraties populaires ».

  • Maoïsme : doctrine communiste développée en Chine par le président Mao Zedong à partir de 1949.

  • Superpuissance : État influent à l’échelle mondiale. Pendant la guerre froide, ce terme est appliqué aux États-Unis et à l'URSS.


B
La rivalité des deux Grands


1
La course aux armements

Une compétition technologique. Les États-Unis et l'URSS ont tous les deux la bombe nucléaire à partir de 1949. Ils produisent des armements de plus en plus nombreux (▶ doc 1) et de plus en plus perfectionnés, comme la bombe H.

La prolifération nucléaire. Les autres puissances mondiales cherchent à assurer leur sécurité sans dépendre des deux Grands. Le Royaume-Uni (1952), la France (1960) puis la Chine (1964) se dotent à leur tour de la bombe atomique. Le monde vit dans la crainte d’une guerre atomique qui détruirait l’humanité.

2
L’équilibre de la terreur ?

Une nouvelle doctrine. Les stratèges élaborent une théorie selon laquelle les armes nucléaires ont pour unique fonction de décourager une éventuelle attaque de lʼadversaire. C’est la doctrine de la dissuasion nucléaire, encore en vigueur de nos jours.

L’apogée des tensions. Cette logique atteint ses limites en 1962, avec la crise des missiles de Cuba. Le monde nʼa jamais été aussi proche dʼune guerre nucléaire ouverte. Cette crise entraîne un assouplissement de la logique de guerre froide : la détente.

Des efforts de réglementation. En 1968, quarante-trois États renoncent au nucléaire militaire. Il faut attendre les accords SALT (1972 et 1979) pour que les deux Grands s’engagent à limiter leurs armements nucléaires.

3
La course à l’espace

Une rivalité scientifique. À partir des années 1950, chacun des deux Grands tient à renforcer son prestige en montrant son avance technologique dans le domaine de la conquête spatiale. Chaque découverte est célébrée et mise en scène dans les médias.

Les avancées soviétiques. Le gouvernement soviétique lance un programme spatial très ambitieux. Le premier satellite artificiel, Spoutnik, est suivi de la mise en orbite en 1957 dʼun premier être vivant : la chienne Laïka. En 1961, le cosmonaute Youri Gagarine est le premier être humain à effectuer un vol dans lʼespace.

La réponse américaine. En réaction à lʼavance soviétique, les États‑Unis créent en 1958 une agence spécifique : la NASA. Le programme Apollo est lancé en 1961 sur ordre du président Kennedy. Il aboutit le 21 juillet 1969, lorsque deux astronautes américains parviennent à fouler le sol lunaire.

Repères

Le 21 juillet 1969 : les Américains sur la lune

Le 21 juillet 1969 : les Américains sur la Lune

Le 21 juillet 1969, deux astronautes américains, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, marchent pour la première fois sur la Lune. Lʼévénement est retransmis en direct par les télévisions du monde entier, fascinant des centaines de millions de spectateurs.

Vocabulaire


Bombe H


Détente


Dissuasion nucléaire


  • Bombe H : type de bombe atomique développée à partir de 1952, aussi appelée bombe à hydrogène ou bombe thermonucléaire.

  • Détente : phase médiane de la Guerre froide (1963-1979) marquée par un apaisement relatif des tensions entre les deux blocs.

  • Dissuasion nucléaire : doctrine selon laquelle la possession d’armes nucléaires permet de réduire le risque de conflit ouvert entre grandes puissances.



1
La course aux armements
La course aux armements

Écho des temps

La question des armements nucléaires est toujours un enjeu géopolitique majeur de nos jours. Des crises opposent régulièrement les États-Unis à des puissances rivales souhaitant développer leur secteur nucléaire. C’est le cas en septembre 2017, lorsqu’une série d’essais nucléaires nord-coréens déclenche une vive réaction du président américain Donald Trump, qui va jusqu’à évoquer la possibilité d’un conflit ouvert entre les deux pays.
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