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Sujet brevet 2
P.48-49

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Sujet brevet 2




« Une houle vivante »

  Le 26 aout 1944, à l’occasion de la libération de Paris, le général de Gaulle descend triomphalement les Champs-Élysées jusqu’à la cathédrale Notre-Dame. Il retrace cet épisode dans ses Mémoires de guerre.

  Au cours de la matinée, on me rapporte que de toute la ville et de toute la banlieue, dans ce Paris qui n’a plus de métro, ni d’autobus, ni de voitures, d’innombrables piétons sont en marche. À trois heures de l’après-midi, j’arrive à l’Arc de triomphe. [...] Je ranime la flamme1. Depuis le 14 juin 1940, nul n’avait pu le faire qu’en présence de l’envahisseur. Puis, je quitte la voûte et le terre-plein. Les assistants s’écartent. Devant moi, les Champs-Élysées !
  Ah ! C’est la mer ! Une foule immense est massée de part et d’autre de la chaussée. Peut-être deux millions d’âmes. Les toits aussi sont noirs de monde. À toutes les fenêtres s’entassent des groupes compacts, pêle-mêle avec des drapeaux. Des grappes humaines sont accrochées à des échelles, des mâts, des réverbères. Si loin que porte ma vue, ce n’est qu’une houle2 vivante, dans le soleil, sous le tricolore.
  Je vais à pied. [...] Il s’agit, aujourd’hui, de rendre à lui-même, par le spectacle de sa joie et l’évidence de sa liberté, un peuple qui fut, hier, écrasé par la défaite et dispersé par la servitude. [...]
  Je vais donc, ému et tranquille, au milieu de l’exultation indicible de la foule, sous la tempête des voix qui font retentir mon nom, tâchant, à mesure, de poser mes regards sur chaque flot de cette marée afin que la vue de tous ait pu entrer dans mes yeux, élevant et abaissant les bras pour répondre aux acclamations. II se passe, en ce moment, un de ces miracles de la conscience nationale, un de ces gestes de la France, qui parfois, au long des siècles, viennent illuminer notre Histoire. Dans cette communauté, qui n’est qu’une seule pensée, un seul élan, un seul cri, les différences s’effacent, les individus disparaissent. Innombrables Français dont je m’approche tour à tour, à l’Étoile3au Rond-Point4, à la Concorde5, devant l’Hôtel-de-Ville, sur le parvis de la cathédrale6, si vous saviez comme vous êtes pareils ! Vous, les enfants, si pâles qui trépignez et criez de joie ; vous, les femmes, portant tant de chagrins, qui me jetez vivats7 et sourires ; vous, les hommes, inondés d’une fierté longtemps oubliée, qui me criez votre merci ; vous, les vieilles gens, qui me faites l’honneur de vos larmes, ah ! comme vous vous ressemblez ! Et moi, au centre de ce déchaînement, je me sens remplir une fonction qui dépasse de très haut ma personne, servir d’instrument au destin.


CHARLES DE GAULLE, Mémoires de guerre, tome 2, « L’Unité », © Éditions Plon, 1956.


1. Sous l’Arc de triomphe brule constamment une flamme qui commémore, depuis 1923, le souvenir des soldats morts au combat.
2. Mouvement de la mer.
3. La place de l’Étoile à Paris (= place Ch. de Gaulle), où s’élève l’Arc de triomphe.
4. La Place de l’Etoile forme un très grand rondpoint.
5. La plus grande place de Paris, en bas des Champs-Élysées.
6. Notre-Dame de Paris.
7. Acclamations (du latin vivat, « qu’il vive ! »).

Le jour de l’épreuve, vous pourrez parfois vous aider du corpus d’histoire-géographie pour comprendre le contexte de l’extrait. Retrouvez dans votre manuel d’histoire-géographie, l’appel du Général de Gaulle en sujet de brevet (chapitre 4).

Foule acclamant le passage de la 2e division blindée

Foule acclamant le passage de la 2e division blindée

1ᵉ partie : compréhension, analyse et interprétation (1 h)

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Questions (20 points)

100% numérique

1
De quel « envahisseur » (l. 5) est-il question ? Rappelez rapidement la situation historique. (1 point)



2
Rappelez ce que sont des Mémoires. Pourquoi peut-on dire que ce texte illustre bien ce genre de récit ? (1,5 point)



3
À quel temps ce texte est-il rédigé ? (0.5 point)



4
Quelle est la valeur de ce temps ici ? (0.5 point)









5
Quel est l’effet ainsi créé ? (0,5 point)



6
a) Au début du 2ᵉ paragraphe, à quoi de Gaulle compare-t-il la foule ? b) Relevez plus loin dans le texte une métaphore qui s’appuie sur le même rapprochement. c) Quel est l’effet produit par cette image ? (2 points)



7
a) Relevez une phrase exclamative et une phrase nominale. b) On trouve de nombreuses phrases exclamatives dans ce texte. Selon vous, pourquoi ? (2,5 points)



8
Pour parler de l’Occupation, de Gaulle emploie le mot « servitude » (l. 15). a) Relevez dans la même phrase un antonyme de ce mot. b) Relevez dans le texte un mot appartenant à la même famille que « servitude ». Est-ce le même effet qui est produit ? c) À la fin du texte, relevez le champ lexical que de Gaulle utilise pour montrer l’émotion des Français face à la Libération. (2,5 points)



9
a) À qui de Gaulle s’adresse-t-il ? Citez des passages précis du texte. b) Quelle figure de style est employée pour montrer que son discours s’adresse à tous ? c) De quel message se veut-il porteur ? (3 points)



10
a) Relevez les passages où apparaissent les pronoms personnels de la 1ᵉ personne du singulier. b) Quel regard de Gaulle porte-t-il sur lui-même ? c) Que pensez-vous de ce portrait de lui-même ? Vous apporterez une réponse nuancée, qui s’appuiera sur des passages précis du texte et sur vos connaissances historiques. (3,5 points)



11
À propos de l’image. a) Quels rapports pouvez-vous établir entre la photographie et le texte ? b) À votre avis et d’après le texte que vous venez de lire, où de Gaulle se trouve-t-il par rapport aux chars ? c) Pourquoi peut-on dire cette photographie est historique ? (2,5 points)



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Zoom sur la 2ᵉ partie de l'épreuve

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Dictée et réécriture (10 points)

1
Dictée : F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d’outre-tombe, préface testamentaire, 1832.

Si je suis destiné à vivre, je représenterai dans ma personne, représentée dans mes Mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l’épopée de mon temps, d’autant plus que j’ai vu finir et commencer un monde, et que les caractères opposés de cette fin et de ce commencement se trouvent mêlés dans mes opinions. Je me suis rencontré entre les deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où j’étais né, et nageant avec espérance vers la rive inconnue où vont aborder les générations nouvelles.

F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe, préface testamentaire, 1832.



2
Réécrivez le passage ci-dessous en remplaçant « vous » par « tu ». Faites toutes les modifications nécessaires.

Vous, les enfants, si pâles qui trépignez et criez de joie ; vous, les femmes, portant tant de chagrins, qui me jetez vivats et sourires ; vous, les hommes, inondés d’une fierté longtemps oubliée, qui me criez votre merci.



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Méthode pour la réécriture


Il s’agit de modifier un extrait en fonction de consignes précises. On peut vous demander :
  • de changer de temps verbal : vérifiez bien la terminaison de chaque forme modifiée, l’accord des participes passés si besoin, l’application de la concordance des temps (si le verbe introducteur devient un verbe au passé par exemple).
  • de changer de personne : vérifiez les accords des verbes et des adjectifs si vous passez au féminin ou au pluriel, la cohérence des déterminants (« son » qui devient « leur » par exemple), l’accord des participes passés si nécessaire.
  • de passer du discours direct au direct indirect ou inversement : attention aux changements de ponctuation, de pronoms (Il lui dit qu’il … > Il lui dit : « Je… »), des indications de temps et de lieu (hier > la veille).
  • de passer de la voix active à la voix passive ou inversement : prenez garde à bien former le verbe en conjuguant l’auxiliaire au temps qui correspond et faites attention aux accords avec le sujet.
Ces consignes peuvent être implicites si on vous demande de changer les premiers mots du passage et de faire toutes les modifications nécessaires qui en découlent.
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Travail d’écriture (20 points)

Vous traiterez au choix l’un des deux sujets suivants. Votre texte aura une longueur minimale de deux pages.

Sujet de réflexion


Imaginez que vous avez vécu un évènement historique. Devenu vieux, vous racontez par écrit à l’un de vos petits-enfants âgé de quinze ans ce que vous avez vécu et ressenti ce jour-là. Vous respecterez les trois étapes suivantes : la description du contexte ; le récit de l’évènement lui-même ; la description de ce que vous avez ressenti et l’impression que vous en avez gardée.



Sujet d'invention


Selon vous, un mémorialiste peut-il raconter aussi objectivement qu’un historien un épisode historique auquel il a participé ? Vous répondrez à cette question en exposant les ressemblances puis les différences entre Mémoires et travail d’historien. Vous illustrerez vos propos par des exemples de Mémoires ou d’autobiographies que vous avez pu lire et en vous appuyant sur vos connaissances historiques.



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