Philosophie Terminale
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SECTION 1 • Le roseau pensant
Ch. 1
La conscience
Ch. 2
L’inconscient
Ch. 3
Le temps
Ch. 4
La raison
Ch. 5
La vérité
SECTION 2 • Le fils de Prométhée
Ch. 6
La science
Ch. 7
La technique
Ch. 8
L’art
Ch. 9
Le travail
SECTION 3 • L’animal politique
Ch. 10
La nature
Ch. 11
Le langage
Ch. 12
L’État
Ch. 13
Le devoir
SECTION 4 • L’ami de la sagesse
Ch. 14
La justice
Ch. 15
La religion
Ch. 16
La liberté
Ch. 17
Le bonheur
Fiches méthode
Biographies
Annexes
Chapitre 2
Réflexion 3

Quelles rivalités le Moi arbitre‑t‑il ?

Texte 9
Le psychisme est une enceinte de régulation

La psychanalyse participe à l'élucidation et à l'émancipation du sujet vis-à-vis des « choses » qui inconsciemment le déterminent et qui souvent le font souffrir. Ainsi, le couple « principe de plaisir » et « principe de réalité » participe à un équilibre psychique permettant à un individu d'équilibrer sa réaction face au monde extérieur. Les deux principes ne sont pas nécessairement irréconciliables. En effet, la rivalité n'est pas l'opposition, et la tâche du Moi est de trouver une résolution des tensions avant le conflit potentiel.

 Il y a un principe dont nous sommes partis jusqu'à présent, dit Freud, c'est que l'appareil psychique en tant qu'organisé se place entre le principe du plaisir et le principe de réalité. Freud, bien entendu, n'est pas un esprit porté à l'idolification. Il n'a jamais cru qu'il n'y avait pas de principe de plaisir dans le principe de réalitéa. Car si on suit la réalité, c'est bien parce que le principe de réalité est un principe de plaisir à retardementb. Inversement, si le principe de plaisir existe, c'est conformément à quelque réalité – cette réalité est la réalité psychique.

 Si le psychisme a un sens, s'il y a une réalité qui s'appelle la réalité psychique, ou, en d'autres termes, s'il y a des êtres vivants, c'est pour autant qu'il y a une organisation interne qui tend jusqu'à un certain point à s'opposer au passage libre et illimité des forces et des décharges énergétiques telles que nous pouvons les supposer, d'une façon purement théorique, s'entrecroisant dans une réalité inanimée. Il y a une enceinte fermée, à l'intérieur de quoi un certain équilibre est maintenu, par l'effet d'un mécanisme qu'on appelle maintenant d'homéostasec, lequel amortit, tempère l'irruption des quantités d'énergie venues du monde extérieur.
Jacques Lacan
Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1954-1955, © Éditions du Seuil, 1978.

Aide à la lecture

a. Les deux principes ne sont pas absolument séparés (ils ne sont pas des idoles sacrées).
b. Le principe de réalité suppose que l'on renonce ou diffère la recherche d'un plaisir. Toutefois, selon Lacan, ce n'est jamais un renoncement : on accepte d'affronter la réalité car on espère plus de plaisir ensuite.
c. L'homéostase est la capacité à maintenir certaines fonctions à un état d'équilibre. Le psychisme se maintiendrait en « santé » en jouant sur les deux principes : principe de plaisir et principe de réalité.
Jacques_Lacan
Le zoom est accessible dans la version Premium.
Crédits : Collection Bourgeron/Bridgeman

Lacan - XXe siècle

Question

Quelles sont les énergies perturbatrices qui peuvent venir du monde extérieur ?
Le Caravage, Narcisse
Le zoom est accessible dans la version Premium.
Crédits : Luisa Ricciarini/Bridgeman
Le Caravage, Narcisse, 1598‑1599, huile sur toile, 110 × 92 cm (Galerie nationale d'art ancien, Rome).

Texte 10
Le sens caché des contes

Le conte des Trois petits cochons enseigne à l'enfant qu'il doit édifier sa personnalité en se protégeant des pulsions dévorantes.

 Le mythe d'Hercule a trait à ce dilemme : faut‑il suivre dans la vie le principe de plaisir ou le principe de réalité ? Le conte des « Trois petits cochons » pose le même problème. […]

 Ce conte, à l'âge de l'école maternelle, apprend à l'enfant, de la façon la plus captivante et la plus dramatique, que nous ne devons pas être paresseux ni prendre les choses à la légère, faute de quoi nous pouvons perdre la vie. […]

 Les maisons que construisent les trois héros sont symboliques du progrès de l'homme au cours de son histoire : d'abord une hutte précaire, puis une cabane en bois et, finalement, une maison faite de solides briques. Sur le plan interne, les actions des trois petits cochons montrent le progrès qui va de la personnalité dominée par le ça à une personnalité influencée par le surmoi, mais surtout contrôlée par le moia.

 Le plus petit des trois héros construit sa maison en paille, sans le moindre soin ; le deuxième utilise des bâtons ; ils édifient tous les deux leur abri aussi vite qu'ils le peuvent, et avec le minimum d'efforts, pour pouvoir jouer tout le reste de la journée. Vivant selon le principe de plaisir. […]

 Seul le troisième, le plus âgé, a appris à se comporter en accord avec le principe de réalité : il est capable de remettre à plus tard son désir de jouer et agit conformément à son aptitude à prévoir ce qui peut arriver. Il est même capable de prédire correctement le comportement du loup. […] Le loup sauvage et destructeur représente toutes les puissances asociales, inconscientes et dévorantes, contre lesquelles on doit apprendre à se protéger et que l'on peut détruire par la force du moi.
Bruno Bettelheim
Psychanalyse des contes de fées, 1976, Robert Laffont, 1979.

Aide à la lecture

a. Le Moi naît de ce conflit entre les pulsions et l'angoisse réelle provoquée par le monde extérieur. Cette dernière est ensuite intégrée sous forme de Surmoi.
Bruno_Bettelheim
Le zoom est accessible dans la version Premium.
Crédits : picture-alliance/Fred Stein/AKG

Bettelheim - XXe siècle

Question

En quoi les différents protagonistes du conte forment-ils une seule et même personne ?

Repères

  • Concept / Image / Métaphore

Précision

Du principe de plaisir au principe de réalité

Au cours de son développement affectif, l'enfant passe par différents stades qui vont être autant de confrontations aux désirs qu'il peut ressentir : le stade oral, le stade anal et le stade phallique.

Ces trois stades peuvent coexister et signifient surtout que le jeune enfant est dominé par le Ça et le principe de plaisir. Il recherche la satisfaction immédiate, comme les deux premiers petits cochons. Cependant, le fait de grandir implique de laisser place au principe de réalité : c'est renoncer à certains désirs incompatibles avec la vie humaine. Le Moi va ainsi naître de ce conflit entre les pulsions et l'angoisse réelle provoquée par le monde extérieur. Cette dernière est intégrée sous forme de Surmoi (interdits moraux intériorisés). Les contes pour enfants participent à ce processus en aidant l'enfant à reconnaître et à nommer ses angoisses au cours de son évolution psychique.

Activité

Par groupes, trouvez des contes qui mettent en scène notre inconscient. En quoi la théorie psychanalytique leur donne-t-elle une nouvelle profondeur ?

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