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Avons-nous des devoirs envers la nature ?
P.240-241

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Réflexion 2


Avons‑nous des devoirs envers la nature ?





XXe siècle

Hans Jonas

Jonas

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 5
La responsabilité envers la nature
 ◉ ◉

Face aux enjeux écologiques de l’époque moderne, Hans Jonas propose une reformulation de l’impératif catégorique kantien1 prenant en considération la responsabilité humaine envers la nature et le vivant2.

 La nature en tant qu’objet de la responsabilité humaine est certainement une nouveauté à laquelle la théorie éthique doit réfléchir. Quel type d’obligation s’y manifeste ? […] Et si le nouveau type de l’agir humain voulait dire qu’il faut prendre en considération davantage que le seul intérêt « de l’homme » – que notre devoir s’étend plus loin et que la limitation anthropocentrique de toute éthique passée ne vaut plus ? […]

 Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humain et qui s’adresse au nouveau type de sujets de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » ; ou pour l’exprimer négativement : « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie » ; ou simplement : « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre » ; ou encore, formulé de nouveau positivement : « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir ».

Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979, trad. J. Greisch, © Flammarion, 2013.

Notes de bas de page

1.
Voir texte 1 p. 306.

2. Voir texte 7 p. 170.

Question

L’homme n’est‑il responsable que de lui‑même ?
Voir les réponses

XXe siècle

Michel Serres

Serres


Texte 6
Le parasite et le symbiote
◉ ◉ 

Michel Serres distingue deux rapports antagonistes de l’homme envers la nature et propose ainsi l’adoption d’un contrat qui lierait les hommes à la nature de manière symbiotique, c’est‑à‑dire dans une association organique réciproque.

Malgré nos demandes, les ayants droit de ce texte refusent que nous affichions celui-ci sur notre site en libre accès. Nous le regrettons profondément et nous excusons pour la gêne occasionnée.

Michel Serres, Le contrat naturel, 1990, Éditions Le Pommier, 2018.

Aide à la lecture

a.
Un organisme parasite vit aux dépens de son hôte sans avoir l’intention de le tuer (ce n’est pas un prédateur). Mais il l’épuise continuellement en consommant ses ressources vitales et peut devenir une cause de son décès.

Note de bas de page

1.
Qui croît sur ses excréments.

Question

Respecter la nature, est‑ce ne pas s’en servir ?
Voir les réponses

Texte complémentaire

Le droit peut‑il sauver la nature ?

 Devant les multiples dommages causés par les pollutions et le dérèglement climatique, les initiatives juridiques et citoyennes se multiplient dans le monde, favorisant l’émergence d’une véritable justice environnementale.

 C’est une première mondiale dans l’histoire du droit. Coup sur coup, au mois de mars 2017, deux fleuves se sont vu attribuer une personnalité juridique. En Nouvelle‑Zélande, le fleuve Whanganui, troisième plus long cours d’eau du pays, a été reconnu « entité vivante ayant le statut de personne morale » par le Parlement. À l’instar des personnes mineures, il s’est vu affecter deux tuteurs légaux qui défendront ses intérêts. En Inde, c’est le Gange et l’un de ses affluents, la rivière Yamuna, tous deux sacrés, qui sont devenus des sujets de droit. Cette décision prise par la Haute Cour de l’État himalayen de l’Uttarakhand doit permettre de combattre plus efficacement la pollution provoquée par les rejets industriels et les égouts. […]

 Cette idée de nature‑personne existe déjà en Amérique latine. La nouvelle Constitution de l’Équateur, adoptée en 2008, reconnaît la nature comme un sujet de droit : droit d’être respectée, droit d’être restaurée en cas de dommage…[…] La Bolivie a quant à elle voté en 2011 une loi sur la « Terre Mère », la « Pachamama », qui envisage tous les bénéfices de la nature pour ellemême et pas seulement pour les services qu’elle rend à l’être humain. […]

 Faut-il alors créer des tribunaux ad hoc, qui ne jugeraient que les crimes et délits environnementaux ? C’est déjà le cas en Inde, mais aussi au Chili où des « tribunales ambientales », des tribunaux environnementaux, ont vu le jour en 2012. Certains juristes vont plus loin et réclament ni plus ni moins la création d’un Tribunal pénal international pour juger les « écocides », les crimes contre l’environnement, à l’image de la Cour pénale internationale de La Haye pour les crimes contre l’humanité.

Laure Cailloce, « Le droit peut‑il sauver la nature ? », CNRS Le Journal, mai 2017.


Le fleuve Whanganui en Nouvelle Zélande

Activité

1
Sur quelle autre expression est forgé le terme d’« écocide » ? Comment le définir ?


2
Cherchez des exemples de situations relevant d’un « écocide ».


3
Quelles conséquences aurait la reconnaissance juridique de cette notion ?
Voir les réponses
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