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Apprendre à citer judicieusement
P.360-361

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En vue de la dissertation et de l’explication


Apprendre à citer judicieusement




Méthode

Citer judicieusement consiste à extraire, d’un texte ou d’une pensée, les éléments significatifs et à pouvoir les contextualiser, afin qu’ils soient compris ou discutés par rapport à un autre texte ou à votre pensée. Voici les grandes lignes directrices pour citer judicieusement :
  • introduire la citation par une brève mise en contexte (la réflexion dans laquelle elle s’insère) ;
  • citer une thèse avec son argument (l’argument est supérieur à toute « belle phrase » en philosophie) ;
  • citer une phrase en choisissant les éléments les plus courts et les plus significatifs ;
  • citer en gardant en mémoire les grandes périodes historiques (Antiquité, Moyen Âge, Renaissance) ;
  • citer en utilisant la citation pour affirmer ou contredire une thèse dans le cadre de votre pensée.

XVIIe siècle

Gottfried Wilhelm Leibniz

Leibniz

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 10
Il existe une preuve de Dieu
◉ ◉ 

Dieu est la première raison des choses : car celles qui sont bornées, comme tout ce que nous voyons et expérimentons, sont contingentes et n’ont rien en elles qui rende leur existence nécessaire, étant manifeste que le temps, l’espace et la matière, unies et uniformes en elles‑mêmes et indifférentes à tout, pouvaient recevoir de tout autres mouvements et figures, et dans un autre ordre. Il faut donc chercher la raison de l’existence du monde, qui est l’assemblage entier des choses contingentes, et il faut la chercher dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle, et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. […] Et c’est la puissance de cette substance qui en rend la volonté efficace. La puissance va à l’être, la sagesse ou l’entendement au vrai, et la volonté au bien. Et cette cause intelligente doit être infinie de toutes les manières et absolument parfaite en puissance, en sagesse et en bonté, puisqu’elle va à tout ce qui est possible. Et comme tout est lié, il n’y a pas lieu d’en admettre plus d’une. Son entendement est la source des essences et sa volonté est l’origine des existences. Voilà en peu de mots la preuve d’un Dieu unique avec ses perfections, et par lui l’origine des chosesa.

Gottfried Wilhelm Leibniz, Essais de théodicée, 1710.

Aide à la lecture

a.
On entend ici par preuve ce qui permet d’établir la vérité d’une thèse. En matière de religion, une preuve de l’existence divine suppose que Dieu n’est pas un objet hors du champ de la science, c’est‑à‑dire d’un savoir démontré. Dieu se prouverait comme un théorème. Il reste donc à chercher les raisons qui établissent la vérité de son existence.

TEXTE FONDATEUR

XIXe siècle

Karl Marx

Marx

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 11
La religion est créée par l’homme
◉ ◉ ⚬

 Le fondement de la critique irréligieuse est celui‑ci : l’homme fait la religion, la religion ne fait pas l’homme. La religion est en réalité la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore trouvé, ou bien s’est de nouveau perdu. Mais l’homme n’est pas un être abstrait, accroupi hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, une conscience inversée du monde, parce qu’ils sont un monde inversé. La religion est la théorie générale de ce monde, […] son complément solennel, le fondement universel de sa consolation et de sa justification. C’est la réalisation imaginaire de l’essence humaine, parce que l’essence humaine n’a pas de réalité véritable. La lutte contre la religion est donc par cette médiation la lutte contre ce monde, dont la religion est l’arôme spirituel.

 La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle, et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses sans esprit. Elle est l’opium du peuple.

Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843, trad. J. Molitor, © Éditions Allia, 1998.

Exercice 1

Texte 10 (⇧)

Introduisez la proposition en gras à l’aide de guillemets et en indiquant la ligne.
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Exercice 2

Texte 10 (⇧)

Citez la phrase qui donne l’argument de l’unicité divine et expliquez‑le.
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Exercice 3

Texte 10 (⇧)

Quelle déclaration de Leibniz valide l’argumentation d’Anselme dans l’extrait suivant ?

« Il n’y a aucun doute que quelque chose dont on ne peut rien concevoir de plus grand existe et dans l’intelligence et dans la réalité. »
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Exercice 4

Texte 10 (⇧)

Quelle est l'expression qui valide l’idée d’un cosmos (un tout organisé et relié) ?
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Exercice 5

Texte 6 (⇧) et Texte 10 (⇧)

Quelle phrase du texte 6 s’oppose à la démarche de Leibniz ?
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Exercice 6

Texte 11 (⇧)

La proposition en gras serait‑elle pertinente si elle était insérée dans le paragraphe d’une dissertation qui voudrait argumenter que le ou les dieux n’existent pas ?
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Exercice 7

Texte 11 (⇧)

Quelle serait la meilleure phrase du texte pour définir la religion ?
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Exercice 8

Texte 11 (⇧)

Sélectionnez dans le texte trois citations de tailles différentes, qui appartiennent au champ lexical de l’illusion :

a) Une citation comportant un seul mot.


b) Une citation comportant quelques mots.


c) Une phrase s’étendant sur une ou deux lignes.
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Exercice 9

Rédigez un paragraphe dans lequel vous argumenterez l’idée que la religion est une illusion politique. Vous insérerez dans ce paragraphe, en plus d’éventuels exemples, les citations sélectionnées lors de l’exercice précédent.
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Exercice 10

Rédigez un paragraphe dans lequel vous argumenterez cette fois-ci contre l’idée que la religion est une illusion politique, en remettant en question les trois citations.
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Exercice 11

Texte 10 (⇧) et Texte 11 (⇧)

Dans les citations ci‑dessous, repérez les éléments qui infirment ou confirment les thèses de Marx et de Leibniz.

« L’homme n’est rien, il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. » (Sartre)


« Misère de l’homme sans Dieu, félicité de l’homme avec Dieu. » (Pascal)
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Exercice 12

Texte 11 (⇧)

a) Dans le texte de Freud ci‑dessous, identifiez la phrase ou la proposition qui pourrait le résumer :
« Aux époques d’ignorance et de faiblesse intellectuelle qu’elle a d’abord traversées, l’humanité ne pouvait réaliser les renoncements aux instincts indispensables à la vie en commun des hommes qu’en vertu de forces purement affectives. […] La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l’humanité ; comme celle de l’enfant, elle dérive du complexe d’Œdipe, des rapports de l’enfant au père. »


b) De la même façon, dans le texte de Marx, identifiez la phrase ou la proposition qui contient l’idée essentielle du texte.


c) Comparez ces deux citations.
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