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La religion
P.366-367

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Synthèse


La religion





La religion est un enjeu culturel, moral, politique et scientifique. En effet, le retour du religieux met aujourd’hui en question notre culture en tant qu’elle est désenchantée, mais aussi la place même du religieux dans l’espace public de la cité politique. La résurgence des intégrismes religieux, qui parfois ignorent les progrès de la science, réinterroge l’opposition traditionnelle entre religion et science.

Comment penser la religion aujourd’hui ?

Réflexion 1
Peut‑on concevoir une culture sans religion ?

  • Que signifie notre culture rationaliste et intellectualiste ?
    Nous vivons dans une culture qui s’enrichit continuellement de pensées et de savoirs, mais qui ne nous rend pas forcément plus heureux. Selon Max Weber, cela signifie que nous avons « désenchanté le monde », en croyant en notre propre maîtrise technoscientifique, qui ne recourt pas à des forces magiques intermédiaires.

  • Que signifie notre culture d’un monde désenchanté ?
    Elle ne se réduit pas à un progrès technologique et scientifique, mais au contraire cache la perte du sens des limites, en particulier le sens de la mort. La vie et l’existence humaine ne semblent‑elles pas alors dépourvues de sens ? Inversement, Bergson se demande si l’existence des religions n’est pas le signe évident d’une crédulité de notre espèce qui se glorifie pourtant de la puissance de la raison.

Réflexion 2
La religion est‑elle affaire privée ?

  • La religion est‑elle sociale ou individuelle ?
    Pour Durkheim, la religion est par essence sociale parce qu’elle se définit comme un ensemble de croyances qui distinguent le sacré du profane, dans, et par une communauté. La religion édicte des règles de vie, mais quel est l’apport fondamental de ces règles sociales, sinon la constitution d’une ekklesia, d’une communauté ?

  • Si public signifie État, la religion est‑elle l’affaire de l’État ?
    La religion n’est pas l’affaire de l’État, en tant qu’elle serait une croyance par essence privée. L’État n’est donc pas en droit compétent ni de fait assez puissant, pour agir sur la liberté de conscience religieuse des âmes. L’État se prononce alors pour la laïcité. Mais cette dernière a plusieurs significations, comme le dit Paul Ricœur. Ne peut‑on pas, à la suite de Rousseau, envisager une religion civile qui adapte les dogmes religieux en dogmes civils (sécularisation) ?

Réflexion 3
La science s’oppose‑t‑elle à la religion ?

  • La science peut‑elle s’accommoder du credo religieux ?
    Religion et science semblent s’opposer lorsqu’il est question d’établir une connaissance. Ainsi, Russell indique que l’objectif de la science est d’éliminer toute forme de dogmatisme. Cependant, étant donné que savoir et croire sont de deux ordres différents, comme l’indique Pascal, la science et la religion ont toutes les deux une place sociale.

  • Tout savoir n’implique‑t‑il pas nécessairement de croire ?
    Plus fondamentalement encore, toute démarche scientifique n’implique-t-elle pas de croire au minimum en la vérité ? Mais alors, tout en prétendant suspendre toute croyance, le scientifique n’en maintient‑il pas nécessairement une ? La recherche de la vérité ne présuppose‑t‑elle pas un culte qui s’ignore, comme le dit Nietzsche ? Le savant est‑il, à sa façon, « encore pieux » ?

Carte mentale de synthèse


« La foi cherchant l’intelligence. »

Anselme

« Il me fallait donc mettre de côté le savoir afin d’obtenir de la place pour la croyance. »

Emmanuel Kant

« La religion est la névrose obsessionnelle de l’humanité. »

Sigmund Freud

« Si Dieu n’existe pas, tout est permis. »

Fiodor Dostoïevski

Sujets de dissertation

  • L’homme peut‑il se passer de religion ?
  • A‑t‑on besoin de religion pour vivre ?
  • La religion rassemble‑t‑elle ou divise‑t‑elle les hommes ?
  • Est‑il raisonnable de croire ?
  • Savoir, est‑ce renoncer à croire ?

Propositions pour une œuvre suivie

  • Baruch Spinoza, Traité théologico‑politique, 1670 • Retrouvez la fiche ici.
  • Augustin, Confessions, 397‑401
  • Blaise Pascal, Pensées, 1669
  • Friedrich Nietzsche, L’Antéchrist, 1895
  • Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, 1946

Pour aller plus loin


À voir

Affiche du film Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky, 1987

Jean-Pierre Mocky, Le Miraculé, 1987
Ce film comique, sur le pèlerinage à Lourdes, retrace l’histoire d’un homme simulant un handicap pour toucher une indemnité.


Affiche du film Le Destin de Youssef Chahine, 1997

Youssef Chahine, Le Destin, 1997
Ce film raconte la vie du philosophe musulman Averroès, ou Ibn Rushd, au XIIe siècle.

À lire

Étienne Gilson, L’athéisme difficile, 1979
L’auteur affirme sa foi et renverse l’habituelle demande de démonstration : comment peut‑on vivre dans la perspective de la non‑existence de Dieu ?

André Comte‑Sponville, L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu, 2006
L’auteur cherche à définir les contours d’une spiritualité laïque, contre le fanatisme religieux et contre un athéisme nihiliste.

Jean-Pierre Vernant, L’Univers, les Dieux, les Hommes. Récits grecs des origines, 1999
L’auteur est un spécialiste de la Grèce antique. Il nous fait partager dans cet ouvrage des récits issus de la mythologie grecque, mais il fournit surtout des clefs pour comprendre comment la religion était, pour les anciens Grecs, fondatrice de la communauté éthique, politique et métaphysique.

Liens avec les autres
champs disciplinaires

Littérature

Les rapports entre religion et libertinage

Physique

Le géocentrisme et l’héliocentrisme, la remise en question des croyances religieuses par la science

Histoire

L’instauration du principe de laïcité

Numérique

Retrouvez une anthologie complémentaire en cliquant ici.
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