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Distinguer pour analyser, analyser pour distinguer
P.294-295

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En vue de la dissertation et de l’explication


Distinguer pour analyser, analyser pour distinguer




Méthode


La distinction est essentiellement une action de séparation ; il s’agit de faire une différence entre deux termes ou expressions. Ce procédé permet de faire avancer la pensée, mais aussi d’établir un plan de dissertation, d’introduire une nuance dans le développement d’une thèse ou d’asseoir le commentaire d’un texte sur la présence ou l’absence d’une subtilité.

Tout le monde est capable de faire la distinction entre le jour et la nuit. En effet, cette distinction est, en termes de perception, une évidence. En revanche, les distinctions intellectuelles supposent une attention aux détails et une concentration particulière.

Voici quelques techniques pour produire ou repérer des distinctions :

  • en utilisant les repères au programme, qui sont des outils reposant sur des distinctions conceptuelles. Par exemple, distinguer le légal du légitime permet de problématiser l’obéissance à la loi ;
  • en passant par les contraires ou antonymes : une notion peut avoir plusieurs contraires. Par exemple, la liberté s’oppose à la contrainte, à l’esclavage, et au déterminisme. Cela signifie qu’il existe plusieurs formes de la liberté ; au moins une par antonyme. Cette distinction opérée grâce aux antonymes peut ensuite servir de base pour commenter un texte ou exposer les différents aspects d’un problème philosophique ;
  • en étant attentif aux nuances : il s’agit surtout de conceptions proches ou rapprochées par l’usage commun. Par exemple, le despotisme n’est pas le totalitarisme, qui n’est pas la dictature. En se demandant ce qui distingue ces conceptions, il est possible d’établir ce qui fait la particularité de chacune, et cette clarification est déjà un début d’explication.

XXe siècle

Erich Fromm

Fromm


Texte 15
L’autorité rationnelle ne soumet pas
 ◉ ◉

 L’idée que l’obéissance à un tiers est ipso facto un acte de soumission exige d’être restreinte, en distinguant l’autorité « irrationnelle » de l’autorité « rationnelle ». Nous trouvons un exemple d’autorité rationnelle dans la relation élève‑professeur ; et d’autorité irrationnelle dans la relation esclave‑maître. Ces deux relations sont fondées sur le fait que l’autorité de la personne dominante est acceptée. Dynamiquement, cependant, elles sont de natures différentes. Les intérêts du maître et de l’élève, dans une situation idéale, sont orientés dans la même direction. Le maître est satisfait s’il réussit à enrichir l’élève ; s’il n’y parvient pas, l’échec est à la fois le sien et celui de l’élève. Par ailleurs, le propriétaire de l’esclave entend exploiter celui-ci au maximum ; plus il obtient de lui, plus il est satisfait. En même temps, l’esclave essaie de défendre de son mieux son droit à un minimum de bonheur. Les intérêts de l’esclave et du maître sont antagonistes, car ce qui avantage l’un porte préjudice à l’autre.

 Dans chacun de ces deux cas, la supériorité du maître a des fonctions différentes ; dans le premier cas, elle est la condition de l’enrichissement de la personne soumise à l’autorité ; dans le second, elle est la condition de son exploitation. Notons une distinction parallèle à celle‑ci : l’autorité rationnelle l’est parce que l’autorité, qu’elle soit détenue par un enseignant ou par un capitaine donnant des ordres pendant le naufrage de son navire, agit au nom de la raison qui, étant universelle, peut être acceptée sans soumission. L’autorité irrationnelle doit se servir de la force ou de la suggestion, parce qu’aucun individu ne se laisserait exploiter s’il était libre de l’éviter.

Erich Fromm, De la désobéissance et autres essais, 1963, Robert Laffont, 1983.

Exercice 1

L’État est‑il au service des individus ?

a) Parmi ces couples d’expressions, lesquels sont utiles pour réfléchir à la question posée ?









b) Quelles notions pourriez‑vous ajouter à la liste ?


c) Le repère Privé/Public est indispensable pour analyser et problématiser ce sujet. Pourquoi selon vous ?


d) De quel domaine relève chacun des aspects de l’existence de l’individu présents dans le tableau ci-dessous ? Les deux réponses sont possibles.
  • Éducation

  • Instruction/Formation

  • Travail

  • Revenu/Salaire

  • Bonheur

  • Expression des opinions

  • Sécurité

  • Santé/Bien‑être

  • Croyances

  • Pratique religieuse
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Exercice 2

La politique est‑elle seulement l’affaire de l’État ?

D’après vous, quelles significations sont à privilégier pour traiter le sujet

a)

b)

c)
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Exercice 3

L’État doit‑il mettre fin à tous les conflits ?

a) Tous les termes de la liste suivante ont un rapport avec l’idée de conflit. Quelles différences de sens faites‑vous entre certains d’entre eux (donnez des exemples) ?

Antagonisme • Compétition • Concurrence • Guerre • Lutte • Désaccord • Dispute • Opposition • Discorde • Rapports de force • Contentieux • Insurrection • Répression • Désordre public.


b) Utilisez les différentes nuances de sens obtenues pour effectuer une problématisation du sujet, c’est‑à‑dire pour montrer qu’il contient une tension implicite.


c) En fonction du sens retenu, formulez une réponse au sujet sous la forme suivante :
« si par conflit, on entend alors l’État doit / ne doit pas car , mais si par conflit on entend alors . »
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Exercice 4

L’État peut-il être impartial ?

Pour que l’État soit impartial, il faut, en principe, que ses décisions prennent la forme de lois qui sont « l’expression de la volonté générale », conformément à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme.

Expliquez pourquoi les expressions suivantes sont, selon vous, conformes ou non à l’idée de « volonté générale » :
  • la décision de la majorité :
  • la parole des experts :
  • l’accord de tous les citoyens :
  • ce qu’on dit en général :
  • le choix conforme au bien commun :
  • la volonté la plus exprimée dans les sondages :
  • le résultat de l’addition des volontés particulières :
  • le résultat du référendum :
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Exercice 5

Texte 11 (⇧) Lire et utiliser une distinction

a) Quel repère est utile pour expliquer ce texte ?


b) Donnez une définition de chacun des deux termes de ce repère.


c) Quelles sont les distinctions entre les trois formes de l’autorité ?


d) Quelle forme d’autorité correspond aux deux termes qui composent le repère précédemment trouvé ?
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Exercice 6

Texte 15 (⇧) Lire et utiliser une distinction

Dans ce texte, Erich Fromm distingue deux formes de l’obéissance.

a) Sous forme d’un tableau, reconstituez cette distinction en opposant les caractéristiques de chacune des obéissances.

Obéissance 1 Obéissance 2
Forme d'obéissance
Caractéristiques principales


b) Quelles autres distinctions sont impliquées par la première ?


c) Formulez de manière synthétique ces distinctions en les reliant sous la forme suivante :
  • soit l’obéissance est A et elle repose sur Y, donc elle implique Z ;
  • soit l’obéissance est B et elle repose sur K, donc elle implique W.
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