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Le bonheur
P.412-413

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Synthèse


Le bonheur





La notion de bonheur renvoie à des enjeux individuels et collectifs, moraux, culturels et politiques. Or, philosophiquement, il ne s’agit pas seulement de savoir comment être heureux, mais si cette quête du bonheur, aussi universelle qu’elle paraisse en fait, doit primer en droit sur toutes les autres, notamment celles que requièrent la morale et la politique. Devons-nous chercher à être heureux à tout prix ?

Réflexion 1
Que désire-t-on quand on désire être heureux ?

  • Y a-t-il un art d’être heureux ?
    Comment éviter le malheur ? Les philosophes n’abordent pas ces questions de la même manière, mais ils s’accordent généralement sur le fait que nous avons une certaine responsabilité dans notre bonheur ou notre malheur. Contrairement à ce que suggère l’étymologie du mot, le « bon-heur » n’est pas seulement une affaire de chance, mais aussi une question de contrôle des désirs, pour Épicure comme pour Sénèque.

  • Le bonheur est-il matériel ?
    Le bonheur réside moins, semble-t-il, dans la possession de tel ou tel bien que dans notre rapport au monde et aux autres. Car si nous ne pouvons pas savoir ce qui nous rend durablement et assurément heureux (ce qu’affirme Kant), il reste que ceux qui semblent avoir trouvé le bonheur ont en commun d’être actifs dans sa construction. Ainsi, la thèse d’Alain se trouve confirmée par les enquêtes sociologiques sur cette question.

Réflexion 2
Le bonheur dépend-il de nous ?

  • L’idéal du bonheur est-il propre à chaque culture ?
    Les exemples asiatiques du taoïsme et du bouddhisme, dont témoignent le texte de Zhuangzi et le film Samsara, font apparaître, d’une part, des approches du bonheur qui semblent différer des approches occidentales, et d’autre part, des éléments communs, comme la méfiance à l’égard des désirs. Cette proximité se retrouve d’ailleurs dans l’idéal de la vie monacale (commune au catholicisme et au bouddhisme), et même dans le modèle de l’ermite.

  • Est-il en notre pouvoir d’être heureux ?
    Descartes nous invite à changer nos désirs plutôt que l’ordre du monde. Son objectif est d’atteindre un contentement en renonçant à désirer ce que l’entendement sait impossible. Mais l’analyse du malheur que nous propose Weil montre que nous ne maîtrisons pas la venue de ce dernier dans nos vies. Le malheureux, submergé par une dégradation de ses conditions de vie sur tous les plans, est incapable de réagir pour lui comme pour autrui.

Réflexion 3
Faut-il renoncer à l’idéal du bonheur ?

  • Le bonheur est-il le but de la morale ?
    Les philosophes présentent sur cette question de grandes divergences : par exemple, selon Mill, les actions morales sont précisément celles qui visent le plus grand bonheur « terrestre » pour le plus grand nombre, alors que Kant considère que la morale – qui s’appuie nécessairement sur la religion – ne peut que nous donner l’espoir, si nous sommes vertueux, d’un bonheur suprême, c’est-à-dire de la félicité, après notre mort, au paradis.

  • Le bonheur est-il un idéal inatteignable ?
    La définition du bonheur suppose un état de satisfaction permanente qui ne semble pas accessible à l’homme, selon Rousseau. Cependant, cela n’interdit en rien l’accès au contentement. Si ce dernier est moins permanent que le bonheur, il est communicable. Constitué de joies simples, il peut se répandre dans tout un peuple les jours de liesse.

Carte mentale de synthèse


« Quand nous sommes heureux, nous sommes toujours bons ; mais quand nous sommes bons, nous ne sommes pas toujours heureux.  »

Oscar Wilde

« Le suprême bonheur de la vie, c’est la conviction qu’on est aimé ; aimé pour soi-même, disons mieux, aimé malgré soi-même. »

Victor Hugo

« Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourraient exister sans faculté d’oubli. »

Friedrich Nietzsche

« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? »

Albert Camus

Sujets de dissertation

  • Peut-on faire le bonheur d’autrui malgré lui ?
  • Tous les moyens sont-ils bons pour être heureux ?
  • Pour être heureux, faut-il être raisonnable ?
  • Faut-il préférer un bonheur illusoire à une vérité désespérante ?

Propositions pour une œuvre suivie

  • John Stuart Mill, L’utilitarisme, 1861 • Retrouvez la fiche ici.
  • Aristote, Éthique à Nicomaque, IVe s. av. J.-C.
  • Épicure, Lettre à Ménécée, IIIe s. av. J.-C.
  • Jeremy Bentham, Introduction aux principes de morale et de législation, 1789
  • Arthur Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie, 1851
  • Alain, Propos sur le bonheur, 1925
  • Bertrand Russell, La conquête du bonheur, 1930

Pour aller plus loin


À voir

Agnès Varda, Le bonheur

Agnès Varda, Le bonheur, 1965
Ce film raconte l’histoire d’amour adultère d’un homme marié. Son originalité tient à l’absence de culpabilité et de jugement moral liés à cet adultère. C’est précisément pour cette raison que le film fit scandale en 1965, et fut interdit aux moins de 18 ans.

À lire

Gilles Lipovetsky, Le bonheur paradoxal : essai sur la société d’hyperconsommation, 2006
Alors que nous entrons dans la troisième mutation de l’homme défini par l’économie, jamais le bonheur n’a été aussi difficile à atteindre. L’auteur s’interroge sur le mal-être de nos contemporains.

Edgar Cabanas, Eva Illouz, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, 2018
L’injonction au bonheur caractérisant le monde contemporain n’est plus liée à la vertu ou au bien commun, mais est désormais le fonds de commerce de « marchands de bonheur » : coach personnel, thérapies comportementales, applications diverses. Devenons-nous des « psytoyens » incapables de rester citoyens ?

Philippe Delerm, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, 1997
Trente-quatre petits chapitres qui décrivent avec finesse des plaisirs apparemment insignifiants, mais qui sont peutêtre la véritable substance du bonheur.

Liens avec les autres
champs disciplinaires

Littérature

Le bonheur et la passion dans la poésie amoureuse

L’art du bonheur selon les poètes de la Renaissance

Sciences économiques et sociales

L’économie du bonheur

Le « management du bonheur » dans les entreprises

Géographie

Le niveau de bonheur et le développement économique

Numérique

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