Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Analyser un discours
P.86-87

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

MÉTHODE BAC
Préparation aux épreuves de contrôle continu

Analyse de document

Analyser un discours




Sujet

À l’aide de ce discours et de vos connaissances, vous expliquerez quels sont les fondements idéologiques du fascisme de Mussolini.

L’analyse du document constitue le cœur de votre travail, mais nécessite pour être menée la mobilisation de vos connaissances.


Discours de Mussolini devant les maires

On a dit [...] que nous n’avions pas de doctrine. Eh ! bien, je ne connais pas un seul mouvement spirituel et politique qui ait une doctrine plus solide et plus définie [...] :
l’État [...] doit être fort ; le gouvernement [...] a le devoir de se défendre parce qu’il défend aussi la nation contre tout travail de désintégration ; la collaboration des classes, le respect de la religion ; l’exaltation de
toutes les énergies nationales. [...]

Que nous opposent nos adversaires ? Rien. Des misères. Ils sont en retard de cinquante ans. Ils changent en postulats
les rêveries des positivistes. Je dis les rêveries, parce que de même qu’il n’y a pas d’hommes plus dangereux que les pacifistes, il n’y a pas rêveur plus déterminé [sic] que les positivistes. [...] Et j’en arrive, messieurs, au dégonflement de la plus prétentieuse vessie de toutes les oppositions : je parle de la liberté. [...]
La liberté n’est pas un concept absolu. [...] La liberté n’est pas un droit : c’est un devoir. [...] La notion de liberté change avec le cours du temps. [...] Lorsqu’une nation est engagée comme l’Italie d’hier et d’aujourd’hui, lorsqu’il est question pour elle de vie ou de mort, est-ce que vous allez encore suivre vos dangereuses chimères ? Je dis que non. [...] L’on me dit que je gouverne au moyen de la force. Mais tous les gouvernements qui sont forts gouvernent par la force. Du reste la force implique l’assentiment. Il n’y a pas de force sans un consentement, et le consentement n’existe pas sans la force. [...]

Celui qui gouverne sent battre dans son cœur le cœur du peuple. Il serait oiseux d’égrener tout le détail d’un beau programme. Ce qui importe, ce sont les directives. Je ne procéderai pas devant vous au minutieux déballage de la pacotille politique. [...] Je ne veux pas que le Fascisme attrape la maladie électorale. Je veux qu’une partie du Fascisme intervienne au Parlement, mais je veux que le Fascisme lui-même reste en dehors, pour contrôler et animer ses représentants. Le Parti national fasciste doit rester, par définition, la réserve toujours intacte de la Révolution fasciste. [...]

Messieurs, il faut être pour ou contre nous. Ou fasciste ou antifasciste. Qui n’est pas avec nous est contre nous. La situation politique n’a jamais été plus simple en Italie. [...] Nous ne plierons pas. [...] Nous avons à faire une Italie grande. Le Fascisme n’a pas d’autre but [...].


Benito Mussolini, « Discours aux maires des communes d’Italie rassemblés à Rome le 23 mars 1924 pour le cinquième anniversaire de la fondation des faisceaux », d’après le Corriere della Sera, 24 mars 1924.

Méthode et Application guidée


Étape 1
Identifier le document, l’auteur, le destinataire et le contexte

  • Présentez le document : auteur, date, etc. Interrogez-vous sur le public devant qui le discours a été prononcé.
  • Évoquez rapidement le contexte.

Ce document est un discours de Mussolini prononcé devant les maires en 1924. Il sera ensuite reproduit dans un quotidien, le Corriere della Sera, diffusé dans toute l’Italie. Mussolini a fondé son Parti national fasciste en 1921 et il est au pouvoir depuis octobre 1922 (marche sur Rome). En mars 1924, le régime se durcit et commence à prendre des formes dictatoriales. Ce document permet de comprendre les fondements idéologiques du fascisme.

Étape 2
Quel est l’objectif de l’orateur ?

  • Il faut identifier les styles et les éléments de langage de l’auteur, qui cherche à provoquer un effet sur son auditoire

Mussolini cherche à convaincre les maires que l’idéologie fasciste est la plus à même de diriger l’Italie. Pour cela, il présente les avantages du fascisme. Cependant, il cherche également à intimider de potentiels opposants parmi son auditoire. On voit ainsi qu’il cible des ennemis précis, « les pacifistes », « les positivistes ». Ces ennemis sont associés aux dangers et à la « misère ». Par ces éléments de langage, il cherche à impressionner et à faire peur : Mussolini dramatise la situation, parlant de « vie ou de mort » pour l’Italie, qui n’est pourtant pas menacée à cette époque.

Étape 3
Analyser le discours en portant un regard critique

  • Mobilisez les connaissances permettant d’éclairer et de mieux comprendre le texte.

Mussolini propose ici une doctrine très simple, reposant sur l’idée que l’État doit tout contrôler, d’où une exaltation de la force (en rouge)

Mussolini rejette la démocratie parlementaire en parlant de « pacotille politique » ou de « maladie électorale » et en critiquant le Parlement (en vert). On sait que cette vision antiparlementaire et antidémocratique est partagée par les partis d’extrême droite de cette époque.

Mussolini prononce un discours qui s’appuie beaucoup sur les émotions : la peur, l’agressivité, l’exaltation du nationalisme (en bleu). Il s’agit également d’un discours populiste, qui s’appuie sur l’idée d’un « peuple » italien uni, auquel le chef serait directement connecté.

Pour faire l’union de ce peuple, Mussolini cible des ennemis du fascisme, notamment les positivistes et les pacifistes (en jaune). Il critique la notion de liberté et propose finalement une vision très manichéenne : « Il faut être pour ou contre nous. ». La violence du fascisme est donc au moins implicite dans ce discours : le chef tout-puissant a le devoir de réprimer les ennemis de l’État.

❯❯❯ ENTRAÎNEMENT


Consigne
Conclusion à rédiger

  • En utilisant les mots-clés suivants, rédigez une conclusion : État fort antiparlementarisme populisme fascisme.
  • Choisissez parmi ces trois propositions la bonne phrase d’ouverture :

1
Mussolini finit par s’allier avec Hitler et est présent comme médiateur lors des accords de Munich en 1938.

2
Entre 1925 et 1926, les lois fascistissimes font entrer dans le droit les fondements du fascisme de Mussolini.

3
En France, la tentation fasciste est évitée grâce à l’union du Front populaire qui remporte la victoire aux législatives de mai 1936.
Voir les réponses
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.