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Repères • Glossaire
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Repères ● Glossaire





Repères



Croire / Savoir

Ce sont deux modalités distinctes du jugement. Croire, c’est accepter un jugement sans avoir préalablement pu obtenir d’arguments logiquement valides (démonstration ou preuve).

Au contraire, la raison établit un savoir quand elle exige d’éprouver la valeur logique d’un jugement avant de l’approuver : « C’est par croire que l’on devient esclave ; qui se contente de sa pensée ne pense plus rien » (Alain, Propos).

Obligation / Contrainte

Ce sont deux façons de se sentir tenu de faire quelque chose, suivant que la raison se soumet à ce qui lui est donné ou, au contraire, qu’elle est en situation de n’obéir qu’à elle-même. Ce que la raison ressent intérieurement comme un engagement qui la tient est une obligation. Quand la raison dépend de principes étrangers, mettant en danger son exercice, il s’agit d’une contrainte. Une contrainte nous rend « hétéronomes », pour reprendre les termes de Kant : elle nous prive de notre liberté de raisonner, alors que l’obligation suppose une raison « autonome », donc libre. Rousseau l’illustre en disant : « s’il faut obéir par la force on n’a pas besoin d’obéir par devoir et si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé. »

Possible / Impossible

Ce qui est jugé possible peut être énoncé par la raison sans contredire les principes logiques. Inversement, est impossible ce qui ne peut être énoncé sans renoncer aux principes de la logique. Par ailleurs, la possibilité désigne une éventualité, mais ne dit rien de la réalisation de cette dernière. Par exemple, j’ai la possibilité d’acquérir, mais cela ne signifie pas que je suis en train d’acheter actuellement.

À l’inverse, l’impossibilité désigne l’incapacité du concept à se produire dans la réalité. Par exemple, il est impossible de dénombrer un ensemble infini. L’impossible, par définition, n’a aucune actualité. Le possible en a deux : en puissance et en acte. Tout ce qui est réel a été possible et le réel « ne contient rien de plus que le simplement possible », selon Kant ; mais tout ce qui est possible ne sera pas nécessairement réel, ni ne doit raisonnablement le devenir.

Glossaire



Démonstration / Preuve

Ces termes désignent deux types d’arguments de la raison. Dans sa forme démonstrative, le raisonnement progresse par déduction (en allant du général au particulier) et garantit sa cohérence, en suivant les principes de la logique (qui détermine les formes de tout raisonnement). Le raisonnement par induction apporte des preuves de ce qu’il avance, par la répétition des observations destinées à tester ses hypothèses. La démonstration vise l’universalité de ses conclusions ; la preuve doit composer avec la particularité des observations qu’elle convoque (choix techniques, théoriques, voire culturels).

Irrationnel

Ce terme renvoie à ce qui échappe à la raison, de fait (savoirs provisoirement inachevés) ou de droit (réel inaccessible à la raison). Il se distingue du pré-rationnel, qui renvoie à un domaine en attente d’une rationalité que la raison finira par découvrir. Il se différencie également du non rationnel, qui désigne un réel étranger à la raison, cette dernière s’efforçant en vain de le soumettre à ses exigences. Juger l’irrationnel conduit soit à le rabattre à ce que la raison connaît déjà mais qu’il n’est pas, soit à le penser à partir de structures niant la raison.

Jugement

Le terme désigne l’action de juger, mais également le produit de cette activité. Un jugement consiste, pour la raison, à mettre en relation une chose avec ses caractéristiques, selon des liens qu’elle est en mesure de garantir. Le jugement « d’existence » associe à telle chose (dont on connaît le concept) le fait d’être dans le temps et l’espace (exister). Le jugement « prédicatif » évalue le caractère nécessaire (attribut appartenant à son essence) ou contingent (attribut accidentel que le hasard de l’histoire lui a donné). Le jugement de « valeur » apprécie l’objet (supposé existant et possédant des prédicats essentiels) selon les systèmes de valeurs reconnus par la culture (lesquels se rapportent généralement aux concepts de beauté, de vérité ou de bien).

Raison

En latin, ratio signifie calcul. Ainsi, la raison se définirait par la capacité de combiner. La raison suit des règles de combinaison qui permettent de garantir la validité de ses jugements. Les principes d’identité, de non-contradiction et du tiers exclu sont les principes fondamentaux d’une raison bien conduite selon Aristote. Mais suffit-il de calculer pour raisonner correctement ? Si le latin souligne la dimension calculatoire de la raison, le grec, lui, insiste sur sa valeur : raisonner, c’est chercher à justifier un raisonnement en argumentant. Il s’agit alors de ne pas subir l’influence du pathos (jeu sur les émotions), et de nous élèver vers le logos, dimension nouvelle, publique et apaisée.

En tant que faculté de comprendre, la raison est nommée entendement. L’entendement se rapporte à la faculté de produire des concepts, en unissant les données de l’expérience grâce aux catégories intellectuelles qu’il y applique ; de là naissent les objets que la raison pourra ensuite saisir et manipuler (analyser, juger, comprendre).
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